04/02/2006
A & C, de Lewis Furey
Antoine et Cléopâtre : Orient vs Occident
Lewis Furey, c’est le compositeur et compagnon de Carole Laure, le metteur en scène de "Starmania".
"A & C", c’est "Antoine et Cléopâtre" de Shakespeare, repris en version 'théatre musical'.
Autant le dire tout de suite, le résultat n’est qu’à moitié satisfaisant. Si les comédiens/chanteurs/danseurs/musiciens sont particulièrement bons, si le choix des scènes extraites de la pièce originale permet d’avoir une intrigue assez complète et cohérente (mise à part la sous-intrigue des pirates, sans intérêt), il y a néanmoins de grosses lacunes du côté de la chorégraphie et du livret musical. Les paroles et musiques de Lewis Furey, sans être inintéressantes sont quand même loin de la grandeur tragique que le sujet réclamait. Le texte frôle quelquefois le ridicule, plus proche de la presse 'people' que d’une revue politico-stratégique.
Antoine et Cléopâtre, c’est quand même d’abord et avant tout une tragédie. Un conflit amoureux où les protagonistes accumulent les scènes de ménage. Une histoire d’adultères où les affaires privées se confondent avec les affaires publiques. L’honneur bafoué des épouses successives et de leurs familles se répercute sur celui de Rome toute entière.
Antoine et Cléopâtre, c’est aussi et surtout un choc culturel immémorial entre l’Orient et l’Occident. Une incompréhension mutuelle entre 2 modes de vie et de pensée difficilement compatibles. D’un côté l’Ouest: rationnel, logique, réfléchi, légaliste, rigoureux, simplificateur, … De l’autre l’Orient: irrationnel, intuitif, émotionnel, permissif, passionné, complexe, extravagant, sensuel, …
Cet antagonisme nous a également donné les conflits gréco-perses, les guerres puniques, l'éclatement de l’empire romain, les schismes entre catholiques et orthodoxes, la Guerre Froide, sans compter tous les conflits actuels au Proche-Orient.
Ce sujet méritait donc un peu plus que ce que Lewis Furey nous en a donné.
Note : 6/10
Compléments :
> Au Théâtre de la Ville (Paris) du 31/01 au 04/02/2006, plus une tournée en Province.
> Un bon point de vue québécois sur "MonThéatre".
> La critique mordante de "Radio Canada".
> Les réactions parisiennes ambiguës, vues du Québec sur "Canoe".
20:00 Publié dans Destins, Histoire, Sur les Planches | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Théatre, Canada, Rome, Egypte |
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01/02/2006
Le Chien Jaune de Mongolie
Tout le monde décède, personne ne meurt
C’est l’été dans les steppes mongoles où se sont établis les nomades le temps des pâturages.
Nansa, 6 ans, revient de l’école lointaine où elle est obligée d’aller comme pensionnaire.
En vagabondant loin de ses parents, occupés aux travaux quotidiens, elle recueille un jeune chien abandonné, dans une grotte sans doute occupée par la meute de loups qui attaque de temps en temps les troupeaux.
Va-t-elle pouvoir le garder, malgré l’opposition de son père qui a peur de son retour à la vie sauvage ?
C’est tout le suspense de ce film, qui sur une trame très simple et un rythme calqué sur celui de la nature, nous conte la vie quotidienne d’une famille vivant encore sous la yourte, interprétée par une vraie famille de nomades, non professionnels.
De la surveillance des bêtes à la fabrication du fromage, des jeux des gamins aux traditions religieuses (chamanisme et bouddhisme), c’est toute une tranche de vie en voie de disparition que nous découvrons avec les yeux innocents des enfants, leurs questions candides et la sagesse tranquille de leurs aînés.
Car par petites touches (la conversation entre les chasseurs, les objets ramenés de la ville, les campements abandonnés, la question des élections, …), la 'modernité' est là pour souligner le contraste entre cette vie tranquille et les bouleversements induits par l’urbanisation croissante de la société.
Filmé par Byambasuren Davaa ("L'histoire du chameau qui pleure"), dans une production germano-mongole, ce film est un vrai bonheur, porté par des acteurs merveilleux de naturel dans les paysages grandioses de la Mongolie du nord.
A voir par tous ceux qui ont aimé "Samsara", "Himalaya, l’enfance d’un chef" ou "Bombon el perro" par exemple.
Note : 9/10
> Fiche Cinéfil
Compléments :
> Les critiques de "EcranLarge", de "Critikat", de "Les Echos", de "CommeAuCinéma", du "Routard".
> Interview de 'Byambasuren Davaa'.
20:00 Publié dans Ecrans Larges, Le Village Global | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma, Asie |
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