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27/07/2005

Les Envahisseurs (The Invaders)

Les Petits Hommes Verts sont Rouges et Gris

"Les envahisseurs. Ces êtres étranges venus d'une autre planète. Leur destination: la Terre. Leur but: en faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne, alors qu'il cherchait un raccourci qu'il ne trouva jamais. Celà a commencé par une auberge abandonnée, et par un homme que le manque de sommeil avait rendu trop las pour continuer sa route. Celà a commencé par l'atterrissage d'un vaisseau venu d'une autre galaxie. Maintenant, David Vincent sait que les Envahisseurs sont là, qu'ils ont pris forme humaine, et qu'il lui faut convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé."

Diffusée au Etats-Unis en 1967-68, cette série de 43 épisodes était au confluent des 2 grandes peurs de l'époque:
- celle de l'invasion soviétique, préparée par des 'rouges' infiltrés et destinée à saboter l'American Way of Life, alors à son sommet.
- celle des soucoupes volantes et des 'petits hommes verts' dont les observations s'étaient multipliées depuis 1947, et qui faisaient régulièrement la une des journaux.
Les 2 phénomènes étaient en outre étroitement imbriqués (la peur de l'autre, de l'étranger, de l'alien).

Cette série eut un succès considérable en France (1969, année de l'alunissage d'Apollo 11), comparable à celle d'X-Files bien plus tard.
Dans les cours de récré, on jouait à l'envahisseur, le petit doigt en l'air.
Des BD spécifiques furent même éditées, qui côtoyaient dans des éditions bon marché les X-Men, Spiderman ou les Fantastic 4.

Roy Thinnes, au même titre que Patrick McGoohan ("Le Prisonnier") ou Patrick McNee ("Chapeau Melon et Bottes de Cuir") fut malheureusement piégé par ce rôle, et ne fit que des apparitions épisodiques dans d'autres séries de science-fiction, ou des films de seconde zone.

Doté d'effets spéciaux simples mais efficaces (les soucoupes bleutées, l'auriculaire raidi, la désintégration rougeoyante des envahisseurs) , il était également souligné par une musique angoissante du même compositeur que "Au Delà du Réel".
Décors glauques et scénarios paranoïaques étaient du même niveau que "X-Files", dont il est un véritable précurseur.

De quoi regretter qu'aucune réédition DVD n'ait encore été faite.
Un complot des envahisseurs infiltrés ?

Plus d'infos:
Le dossier de la Série-thèque

25/07/2005

The Element of Crime

Quelque chose de pourri au royaume du Danemark (Hamlet, I,4) ?

Lars von Trier a toujours travaillé selon des cycles.
Il y a eu ses mélos larmoyants ("Breaking the Waves","Dancer in the Dark"), ses films 'dogmatiques' ("Les Idiots", ...), ses mises en scène théâtrales ("Dogville","Manderlay"), ses feuilletons télévisuels ("The Kingdom", ...), et même un film porno ("Pink Prison") !

Sa période la plus intéressante se situe à mon avis au début de sa carrière.
Il commet alors 3 petits chefs d'oeuvre qui sondent les bas-fonds de l'esprit humain ("The Element of Crime","Epidemic" et "Europa").
Le premier, malheureusement peu connu, mérite qu'on s'y intéresse.

L'histoire:
En Egypte, dans un environnement sec et étouffant de chaleur, un homme, probablement schizophrène, se fait hypnotiser par un médecin pour se débarrasser des cauchemars qui l'assaillent continuellement.
Ensuite retour-arrière au Danemark, où l'homme, inspecteur de police, enquête sur un serial killer qui assassine sauvagement des petites vendeuses de billets de loterie (référence à la petite vendeuse d'allumettes d'Andersen ?).
Il vient de reprendre le dossier, précédemment traité par son supérieur hiérarchique, criminologue réputé, mais celui-ci a mystérieusement disparu.
Les indices étant minces, il va donc essayer de refaire le parcours du tueur en essayant de se mettre à sa place, en vivant et en pensant comme lui, selon les méthodes définies et mises en pratique par son chef.
Mais peut-on sans risques plonger dans les tréfonds d'un esprit humain psychotique ?

Tout le film baigne dans une ambiance glauque, humide et poisseuse.
Les changements climatiques (augmentation des températures et fonte des glaces) ayant entrainé une montée des eaux, tous les habitants vivent dans un environnement moisi, particulièrement bien rendu à l'écran grâce au travail sur les couleurs.
Dans "The Cell" de Tarsem Singh, l'esprit du serial killer était particulièrement esthétisant, léché, avec un aspect sado-maso marqué (un style très 'cuir et soie').
Rien de tout celà dans "The Element of Crime", au contraire !
Les paysages, reflets du mental du meurtrier, sont plus proches de l'ambiance développée dans "Se7en" de David Finsher (sans les effets gores à répétition) et sont destinés à instiller le malaise chez le spectateur.
Mis à part l'odeur, on ressent parfaitement cette sensation de pourriture qui gangrène cette société déchue.

La révélation finale est au moins aussi forte que celles de "Se7en" ou de "La Secte sans Nom" (de Jaume Balaguero).
Ici pas de happy-end hollywoodien.
Seulement l'espoir de tout oublier grâce à l'hypnose.
Mais est-il possible d'échapper à ses mauvais rêves, surtout quand ceux-ci sont des souvenirs réels ?

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Grand Prix Technique de la Commission Supérieure Technique au Festival de Cannes 1984

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