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31/12/2014

Cinéma 2014

Films 2014Ma Sélection de l'Année 2014.

Comme les années précédentes, sans attendre fin décembre pour un récapitulatif global, voici la liste des films que je recommande (ou pas) au fur et à mesure de mes visionnages.

Les indispensables (à voir absolument):
. "12 Years A Slave" de Steve McQueen.
. "Le Conte de la Princesse Kaguya" d'Isao Takahata.
. "Interstellar" de Christopher Nolan.
. "
Léviathan" d'Andreï Zviaguintsev.
. "My Sweet Pepperland" de Hiner Saleem.
. "Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu?" de Philippe de Chauveron.
. "Shirley: Un Voyage dans la Peinture d'Edward Hopper" de Gustav Deutsch.
. "The Grand Budapest Hotel" de Wes Anderson.
. "Le Vieux Qui Ne Voulait Pas Fêter Son Anniversaire" de Felix Herngren.
. "Winter Sleep" de Nuri Bilge Ceylan.
...


> Les recommandables (à ne pas rater, si possible):
. "A Girl At My Door" de July Jung.
. "A Most Violent Year" de J.C. Chandor.
. "L'Amour est un Crime Parfait" d'Arnaud Larrieu et Jean-Marie Larrieu.
. "Astérix, le Domaine des Dieux" (3D) d'Alexandre Astier.
. "Black Coal" de Diao Yinan.
. "Blue Ruin" de Jeremy Saulnier.
. "City of Dreams - Detroit, une Histoire Américaine" de Steve Faigenbaum.
. "Cold in July" de Jim Mickle.
. "
Les Combattants" de Thomas Cailley.
. "Coming Home" de Zhang Yimou.
. "Dallas Buyers Club" de Jean-Marc Vallée.
. "Detective Dee 2: la Légende du Dragon des Mers" de Tsui Hark.
. "Dragon 2" (3D) de Dean Deblois.
. "Les Drôles de Poissons-Chats" de Claudia Sainte-Luce.
. "D'Une Vie à l'Autre" de Georg Maas.
. "Edge of Tomorrow" (3D) de Doug Liman.
. "La Famille Bélier" d'Eric Lartigau.
. "Fury" de David Ayer.
. "
Les Gardiens de la Galaxie" (3D) de James Gunn.
. "Gemma Bovery" d'Anne Fontaine.
. "Gone Girl" de David Fincher.
. "Hipotesis" de Hernan Goldfrid.
. "Hippocrate" de Thomas Lilti.
. "L'Ile de Giovanni" de Mizuho Nishikubo.
. "I Origins" de Mike Cahill.
. "Je Ne Suis Pas Lui" de Tayfun Pirselimoglü.
. "Lulu, Femme Nue" de Solveig Anspach.
. "Magic in the Moonlight" de Woody Allen. 
. "Maps to the Stars" de David Cronenberg.
. "Minuscule - La Vallée des Fourmis Perdues" de Thomas Szabo et Hélène Giraud.
. "MoonWalk One" (1969) de Theo Kamecke.
. "Mr Turner" de Mike Leigh.
. "
Night Call" de Dan Gilroy.
. "Only Lovers Left Alive" de Jim Jarmush.
. "Palo Alto" de Gia Coppola.
. "Pas Son Genre" de Lucas Belvaux.
. "Patéma et le Monde Inversé" de Yasuhiro Yoshiura.
. "Philomena" de Stephen Frears.
. "Les Pingouins de Madagascar" de Simon J. Smith.
. "Planes 2" de Bobs Gannaway.
. "Pride" de Matthew Warchus.
. "Quand Vient la Nuit" de Michael R. Roskam.
. "Samba" d'Olivier Nakache et Eric Toledano.
. "The Best Offer" de Giuseppe Tornatore.
. "The Homesman" de Tommy Lee Jones.
. "Under The Skin" de Jonathan Glazer.
. "Un Homme Très Recherché" d'Anton Corbijin.
. "Le Vent se Lève" de Hayao Miyazaki.
. "Viva la Liberta" de Roberto Ando.
. "La Voleuse de Livres" de Brian Percival.
. "Yves Saint-Laurent" de Jalil Lespert.
...


Les pas mauvais (à voir éventuellement):
. "22 Jump Street" de Phil Lord et Chris Miller.
. "American Bluff" de David O.Russell.
. "Apprenti Gigolo" de John Turturro.
. "Ballade entre les Tombes" de Scott Frank.
. "Bethléem" de Yuval Adler.
. "Bon Rétablissement!" de Jean Becker.
. "Brèves de Comptoir" de Jean-Michel Ribes.
. "Captain America: le Soldat de l'Hiver" d'Anthony Russo et Joe Russo.
. "La Chambre Bleue" de Mathieu Amalric.
. "Closed Circuit" de John Crowley.
. "La Cour de Babel" de Julie Bertuccelli.
. "Le Crocodile du Botswanga" de Fabrice Eboué et Lionel Sketetee.
. "Dans l'Ombre de Mary" de John Lee Hancock.
. "De l'Autre Côté du Mur" de Christian Schwochow.
. "
Délivre-Nous du Mal" de Scott Derrickson.
. "Eden" de Mia Hansen-Love.
. "Elle l'Adore" de Jeanne Herry.
. "Epilogue" d'Amir Manor.
. "Equalizer" d'Antoine Fuqua.
. "La French" de Cédric Jimenez.
. "
Gloria" de Sebastian Lelio.
. "Les Grandes Ondes (A l'Ouest)" de Lionel Baier.
. "Le Hobbit: la Bataille des 5 Armées" (3D) de Peter Jackson.
. "
L'Homme du Peuple" d'Andrzej Wajda.
. "Horns" d'Alexandre Aja.
. "Jacky au Royaume des Filles" de Riad Sattouf.
. "Je Voyage Seule" de Maria Sole Tognazzi.
. "Jimmy's Hall" de Ken Loach.
. "Lucy" de Luc Besson.
. "L'Expérience Blocher" de Jean-Stéphane Bron.
. "Monuments Men" de George Clooney.
. "Non-Stop" de Jaume Collet-Serra.
. "Les Recettes du Bonheur" de Lasse Hallström.
. "Rio 2" de Carlos Saldanha.
. "Secret d'Etat" de Michael Cuesta.
. "
Sin City: J'Ai Tué Pour Elle" de Franck Miller et Robert Rodriguez.
. "
Still the Water" de Naomi Kawase.
. "The November Man" de Roger Donaldson.
. "The Rover" de David Michôd.
. "The Ryan Initiative" de Kenneth Branagh.
. "Les Trois Frères: Le Retour" de Bernard Campan et Didier Bourdon.
. "Une Heure de Tranquillité" de Patrice Leconte.
. "Un Illustre Inconnu" de Mathieu Delaporte.
. "X-Men: Days of the Future Past" (3D) de Bryan Singer.
...

Les déceptions (à éviter):
. "47 Ronin" de Carl Rinsch.
. "Amour sur place ou à Emporter" d'Amelle Chahbi.
. "John Wick" de Chad Stahelski.
. "NDE: Near Death Experience" de Gustave Kervern et Benoît Delépine.
. "Saint Laurent" de Bertrand Bonello.
. "Supercondriaque" de Danny Boon.
. "La Vie Rêvée de Walter Mitty" de Ben Stiller.
... 
 

Les catastrophiques (à fuir ou oublier):
...



Rappel: la sélection 2013 est .

Par ailleurs, je n'ai pas encore vu, mais j'envisage toujours de voir:
. "Her" de Spike Jonze.
. "Real" de Kiyoshi Kurosawa.
. "Trap Street" de Vivian Qu.
. "Get On Up" de Tate Taylor.
. "Paradise Lost" d'Andrea Di Stefano.
. "Master of the Universe" de Marc Bauder.
. "White God" de Kornel Mundruczo.
. "Timbuktu" d'Abderrahmane Sissako.
... 

01/11/2014

Dans les Théâtres à Paris en 2014 (2-ième Semestre)

ThéatreMa Sélection de l'Année 2014 (B).

Suite de mes commentaires de spectacles, vus et recommandés (ou pas) dans les théâtres privés ou publics, pendant la deuxième partie de l'année 2014.

Comme l'année dernière, vu la piètre qualité de la programmation, j'ai fait l'impasse sur le Théâtre de la Ville

 

Mes impressions: 

. "Célimène et le Cardinal" (1992) de Jacques Rampal, par Pascal Faber (vu le 18/10 au Théâtre Michel): Suite intelligente et réussie du "Misanthrope", laissant voir une Célimène qui s'est bonifiée avec l'âge, alors qu'Alceste, devenu un Homme de Pouvoir, a fini par succomber à ses démons intérieurs. Vingt ans après, les passions trop longtemps contenues éclatent, dans une quasi scène de ménage, où s'affrontent libre pensée et pouvoir théocratique, bonheur individuel et normes patriarcales, sensualité épanouie et puritanisme castrateur. Très bonne interprétation des 2 acteurs, dans une mise en scène classique avec décors et costumes ad-hoc.

. "Coup de Théâtre(s)" (2014) de Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, par la compagnie Sébastien Azzopardi (vu le 26/07 à la Gaité Montparnasse): Une quête existentielle, et une déclaration d'amour au théâtre, dans la lignée du "To Be Hamlet or Not" de Charlotte Rondelez, mais dans l'esprit de la "Mission Florimont", avec anachronismes, humour, mauvais goût assumé et références à l'actualité. De la tragédie grecque à la comédie musicale, en passant par la commedia dell'arte, Shakespeare, Molière, E.Rostand, Feydeau, Tchekhov et Beckett, il y a de quoi s'amuser avec les nombreuses références cachées dans le texte, les décors ou les accessoires. C'est à la fois la force et la faiblesse du spectacle, qui risque de perdre en route une partie de ses spectateurs, peu familière des grands classiques.

. "Double Assassinat dans la Rue Morgue" d'après Edgar Allan Poe, par la Compagnie Neo Vent (vu le 12/07 au Théâtre Darius Milhaud): Très bonne mise en scène (un très mérité P'tit Molière de la meilleure adaptation) de la nouvelle d'Edgar Allan Poe, traitée dans l'esprit feuilletonesque du 19-ième siècle. Le décor succinct fait la part belle à l'imagination, bien aidé par la qualité de l'interprétation d'une troupe très polyglotte. Avec quelques costumes représentatifs des divers rôles et un excellent travail sur la diction, on se retrouve sans peine dans le Paris cosmopolite du tout premier détective de l'histoire littéraire.

. "Les Femmes Savantes" (1672) de Molière, par Amélie Dhée (vu le 9/08 à la Comédie Saint-Michel): Un Molière pas très féministe, où les femmes ayant la velléité de sortir de leur ignorance et leur sujétion en prennent pour leur grade. La mise en scène renforce ces travers, en faisant (sur)jouer ces 3 comédiennes de façon assez hystérique, alors que le jeu des autres comédiens est nettement plus équilibré. Par ailleurs, pourquoi cet accent allemand (période 3-ième Reich) pour se moquer de leur programme académique de l'acte III, scène 2 ? En bref, une interprétation sans finesse par une troupe semble-t-il plus habituée au manichéisme des spectacles pour enfants qu'à la subtilité des grands classiques.

. "Feu la Mère de Madame" de Georges Feydeau, par Jérémy Martin (vu le 1/11 à l'Alambic Comédie): Cette pièce n'est pas la plus drôle de Feydeau, mais la critique sociale sous-jacente et les nombreux quiproquos qui se succèdent soutiennent l'intérêt tout au long. Les acteurs sont également plutôt bons, et leur humour pince-sans-rire fait merveille sur cette petite scène bien adaptée au contexte.

. "Le Medecin Malgré Lui" (1666) de Molièrepar Brice Borg (vu le 25/10 au Théâtre de Poche): Une version modernisée par les "Pitres Rouges" (diction, costumes, décors), mais avec un aspect 'farce' toujours mis en avant, avec un travail important sur la gestuelle, proche du cinéma muet ou des 'cartoons'. Un bon cru, néanmoins moins percutant que l'interprétation du collectif Le Pack ("Los Angeles 1990") qui reste à mon avis supérieure à toutes les autres.

. "Les Nombrils" (2014) de et par Didier Caron (vu le 2/08 au Théâtre Michel): Une vision caustique du milieu théâtral, mais finalement pas si méchante que ça, puisque garantie sans intermittents grévistes, sans subventions politiciennes et sans grenouillage de responsables culturels pistonnés. La pièce est néanmoins cruellement drôle envers ces comédiens semi-pros, se voyant déjà en haut de l'affiche, mais navigant entre pubs télévisées et représentations en MJC (ou en maisons de retraite). De quoi égayer un été théâtral parisien, déserté par les troupes habituelles parties pour leur migration annuelle en Avignon. Les acteurs sont tous excellents, leur abattage compensant un texte et une mise en scène plutôt conventionnels.

. "On n'arrête pas la connerie" d'après Jean Yanne, par Jean-François Vinciguerra (vu le 5/07 au  Petit Montparnasse): Un bel hommage à Jean Yanne, à partir de chansons et pubs tirées principalement de "Tout le Monde il est beau..." et de "la Barbichette", avec un zeste de "Chobizenesse" et de quelques sketchs célèbres. C'est parfois un peu daté et désuet (un anti-cléricalisme sans nuances), mais si on fait l'effort de se remettre dans le contexte des années 70, c'est toujours aussi réjouissant malgré les (ou à cause des ?) thèmes abordés (chômage, limitations de vitesse, showbiz, palestiniens, ...) qui sont toujours autant d'actualité. On est par ailleurs loin d'une petite production au rabais, avec un vrai effort fait sur les costumes et les décors (superbes), sans compter l'accompagnement musical assuré de main de maître(sse).

 

Pour les voir à tarifs réduits, passer par les agences de location spécialisées, tels que Ticketac ou BilletReduc.

 

En prévision:

.

07/06/2014

Dans les Théâtres à Paris en 2014 (1-ier Semestre)

ThéatreMa Sélection de l'Année 2014 (A).

Mes commentaires de spectacles, vus et recommandés (ou pas) dans les théâtres privés ou publics, pendant la première partie de l'année 2014

. "A Suivre!" de et par Isabeau de R. (vu le 2/05 au Théâtre de Dix Heures): Une prestation très classieuse, au travers de sketches de haut niveau, plus dans la lignée des Inconnus (le Rap des 'vieux cons' m'a rappelé leur célèbre Rap des Impôts) que dans le stand-up nombriliste actuellement à la mode. Une fine analyse de la société et de sa décrépitude, au travers de personnages emblématiques (institutrice, actrices, animatrice télé, ...). Un grand Bravo en particulier pour l'introduction tout en latin, que les e-zinkults accros au langage SMS auront sans doute du mal à comprendre.

. "Chat en Poche" (1888) de Georges Feydeau, par Anne-Marie Lazarini (vu le 15/03 à l'Artistic Athévains): Un 'Bourgeois Gentilhomme' très réussi, aussi drôle et caustique que son illustre prédécesseur pour brocarder la suffisance et le ridicule d'une bourgeoisie se piquant de Culture. La troupe, très homogène, rend très bien l'absurde des situations et la virtuosité des dialogues, avec le tempo dynamique nécessaire à tout bon Feydeau.

. "Chinois Marrant dans La Légende de Bun Hay Mean" par Bun Hay Mean (vu le 8/02 à La Nouvelle Seine): Au menu: 1 Beau Bun et 1 Bol de Rires. Un humour très politiquement incorrect, assez rentre-dedans, sans langue de bois et souvent en dessous de la ceinture, assez peu compatible avec les tartuferies politiques, mais, contrairement à certains, sans racisme et sans haine de l'autre. Le public est d'ailleurs très mélangé, ethniquement et culturellement, et tout le monde est mort de rire. Avec également une présence scénique incroyable, un show plein d'auto-dérision, très axé sur la vanne à tout prix, avec des transitions basées sur une improvisation sans faille, et une sortie de scène aussi originale qu'acrobatique. En maniant le bâton dans les écuries du Paradis de l'Ouest, Bun Hay Mean se révèle comme un digne avatar de la lignée des Sun Wukong/Son Goku. 

. "Dom Juan" (1665) de Molière, par la Compagnie Icare (vu le 7/06 au Petit Théâtre de Naples): Un bon Molière, tirant à vue sur les fils à papa débauchés, les libertins affichés ou hypocrites, les dévots naïfs et les femmes vénales. Une mise en scène qui dédouble Dom Juan, comme Dorian Gray, confrontant sa partie jeune et séduisante, à son revers sombre et inquiétant. C'est intéressant, mais ça aurait été plus pertinent si les 2 acteurs jouaient l'un à coté de l'autre, au lieu d'être souvent aux 2 extrémités de la scène. Le prologue muet qui introduit la pièce sous forme de flash-back est par contre trop confus et sans grand intérêt. Parmi les interprètes, Sganarelle (Mahmoud Ktari) est particulièrement excellent.

. "L'émule du Pape" (2013) de Michel Heim, par Jean-Pierre Rouvellat (vu le 18/04 à La Folie Théâtre): "Cachez ce saint que je ne saurais voir": Tartuffe chez les Borgia, traité avec les calembours historiques et la verve habituelle de Michel Heim. Autant dire que c'est très drôle, malgré un épilogue un peu mou. Mais les interprètes (excellents) s'en donnent à coeur joie dans cette histoire pas très catholique, où les fondements de l'Eglise ont plutôt chaud aux fesses.

. "En Attendant Lagarce" (2013) textes de Jean-Luc Lagarce (montage Guillaume Antoniolli), par Esther Bastendorff (vu le 25/01 au Théâtre Pixel): 18 ans après la disparition du dramaturge, un bon patchwork de textes emblématiques, aux thèmes communs mais pas toujours très bien ajustés entre eux. La mayonnaise finit néanmoins par prendre, grâce aux excellentes interprétations des 4 acteurs, toujours dans le ton juste. La scénographie et les jeux d'éclairage jouant entre l'avant-scène et les coulisses sont également particulièrement bien pensés, au contraire des vidéos qui n'apportent pas grand chose. Au final, une bonne introduction à/rétrospective de l'univers de Lagarce, et ses textes très expressifs et démonstratifs, malgré une langue devenue un peu surannée (qui parle encore de nos jours de façon aussi riche et précise ?).

. "Etat de Siège" (1948) d'Albert Camus, par Charlotte Rondelez (vu le 12/04 au Théâtre de Poche): Quand la peste, brune ou rouge, s'abat sur les corps et surtout sur les esprits. Belle métaphore médicale d'un mal qui infecte régulièrement les sociétés humaines, notamment lors des dernières élections municipales. C'est une tragi-comédie morale, politique et philosophique assez efficace, malgré une certaine faiblesse dans l'expression des sentiments amoureux. Par contre, il y a de très bonnes idées de mise en scène avec ces marionnettes qui apportent leur côté décalé et caricatural, et une interprétation adéquate, en particulier des 2 infesteurs, glaçants à souhait.

. "Les Fâcheux" (1661) de Molière, par Jérémie Milsztein (vu le 3/01 à l'Aktéon): La mauvaise réputation des français en tant que casse-pieds arrogants et sans-gêne ne date pas d'hier. La preuve avec cette petite pièce de Molière qui brocarde avec énormément d'humour les travers de ses contemporains. Bien que peu connue, cette comédie est une petite merveille de drôlerie, alignant les scènes sans temps morts, dans une mécanique de précision proche des meilleurs Feydeau. La mise en scène a été intelligemment modernisée, et Brice Borg est irrésistible dans les multiples rôles de fâcheux. Dommage que les bancs soient si inconfortables. 

. "Jaune Bonbon" de et par Kee-Yoon (vu le 29/05 au Théâtre du Gymnase).

. "La Locandiera" (1753) de Carlo Goldoni, par Frédéric Jacquot (vu le 19/04 à l'Atelier Théâtre Frédéric Jacquot): Beaucoup de fraîcheur dans le jeu de ces jeunes comédiens, particulièrement expressifs et d'un bon niveau, avec seulement quelques hésitations sur le texte. Comme on est juste à côté de l'espace scénique (comme dans la chambre du personnage), on en profite au maximum. Une bonne occasion donc de (re)découvrir ce grand classique de Goldoni qui n'a pas pris une ride, dans une version sans doute moins ampoulée que celle de vieux acteurs ayant leur avenir derrière eux.

. "Machine & Machine" (2012) de la Compagnie MalOmains, par Laure Crubilé (vu le 22/02 au Théâtre Pixel): A quoi rêvent les femmes cybernétiques ? Leur féminité est-elle innée, acquise, imposée, conditionnée, apprise ? Une belle rencontre à la frontière entre la chosification du sujet humain (pas nécessairement féminin) et l'humanisation de l'objet, où des êtres hybrides complexes se posent beaucoup de questions existentielles. Du Concile de Mâcon aux forums des sites féminins, en passant par les contes de fées, les écrits féministes et la culture cyberpunk, on continue à beaucoup s'interroger à la recherche d'une réponse illusoire. Il n'est pas sûr qu'un Test de Turing H/F soit plus pertinent que le Test Humain/IA. Ce serait nier toutes les nuances intermédiaires (notamment LGBT) présentes dans tout être humain. Le show est en tout cas visuellement très créatif, malgré un décor très bricolé, et mérite d'être vu, plus pour les questions qu'il pose que par les réponses qu'il ne donne pas. Bravo au collectif MalOmains pour cette création hors-normes, si rare dans le domaine théâtral.

. "Mais n'te promène donc pas toute nue" (1911) de Georges Feydeau + "Mais Va Donc T'Habiller" de Hamed Delo, par Claude Bataille (vu le 14/02 à la Comédie Saint-Michel): Le classique de Feydeau complété par l'excellente suite de Delo, si bien faite (dans le fond et la forme) qu'on a du mal à la différencier de l'original. Une satire du monde politique et de ses moeurs corrompues, où règnent les faux semblants et le double langage. Les acteurs sont bons sans être exceptionnels, dans une mise en scène très classique. Il manque néanmoins un petit grain de folie supplémentaire dans l'interprétation pour en faire un vaudeville complètement réussi.

. "Le Maître de Santiago" (1947) de Henry de Montherlant, par Patrice Le Cadre (vu le 4/01 au Théâtre du Nord-Ouest): Une pièce encore très actuelle d'un auteur un peu oublié, traitant de l'imposture colonialiste par un peuple venant à peine d'être décolonisé, mais aussi des limites de l'intégrité sans renoncer à son humanité. Le retrait du monde est-il la seule solution au refus d'être impliqué dans une société moralement corrompue, ou le principe de réalité implique-t-il d'irrémédiables compromissions contraires à l'honneur et à la pureté de l'âme ? Un grand texte, excellemment mis en scène et en lumières, par des acteurs extrêmement convaincants. Assurément un des indispensables de cette saison au N-O.

. "Le Mariage Forcé" (1664) de Molière, par Brice Borg et Jérémie Milsztein (vu le 10/05 à l'Aktéon): Une 'comédie-balais' {:-)} pas mal modernisée par "Les Pitres Rouges", mais pas aussi réussie que leur version des "Facheux". De bonnes idées de mise en scène pas toujours bien exploitées (un café chantilly qui s'éternise), une faiblesse dans certains rôles secondaires (les diseuses de bonne aventure). Heureusement il reste le texte de Molière, et les très bonnes prestations des acteurs principaux.

. "Mein Kampf (Farce)" (1987) de George Tabori, par Makita Samba (vu le 24/01 au Théâtre Douze): La tentative ratée d'un pygmalion juif, sage érudit mais un peu fainéant, tardant à écrire l'oeuvre de sa vie, d'éduquer une créature germanique, raté inculte manquant d'amour et d'humour, qui se rebelle en préférant s'associer avec la Mort. Mine de rien, on retrouve les histoires du Golem ou de Frankenstein, où l'apprenti sorcier finit toujours par se faire sévèrement remettre à sa place par l'auteur de la Génèse. C'est particulièrement drôle et bien joué par les acteurs principaux (Schlomo, Adolf, Gretchen, la Mort, Dieu). La mise en scène est assez inégale, allant du très bon au plus horrible (la scène du poulet). Mais si on n'a pas peur du politiquement incorrect, dont de multiples jeux de mots sur les fours, ça vaut vraiment le coup d’œil.

. "Molieratus" de et par Serge Bourhis (vu le 17/05 au Théâtre Essaion): Après Racine par la racine, Molière mis en bière. Un patchwork de scènes célèbres censées être représentatives du dernier jour de la vie du sieur Poquelin et de sa troupe. C'est techniquement plutôt bien fait (en respectant la règle des 3 unités), mais un peu artificiel et ne sortant pas vraiment de l'ordinaire, à l'exception d'une réjouissante interprétation du "Malade Imaginaire" vu des coulisses, et d'un "Don Juan" féminin qui valent vraiment le déplacement.

. "Les Précieuses Ridicules" (1659) de Molière, par Gaël Albespy (vu le 22/03 à La Folie Théâtre): Non mais allô quoi, t'es une jeune provinciale branchée et tu peux pas sortir à Paris ? Une farce toujours autant d'actualité, avec des musiques et une mise en scène assez modernisée, bien que jouée de façon très classique. Elle aurait sans doute eu encore plus d'impact avec des costumes plus contemporains, pour souligner l'actualité de ces Nabila incultes et arrivistes, gardées sous clef par un père traditionaliste aux idées particulièrement réactionnaires.

. "Reprise des Hostilités" de et par Régis Mailhot (vu le 14/03 au Théâtre du Petit Saint-Martin): Un Best-of de ce chroniqueur à la pensée aussi profonde que cynique, loin de la superficialité habituelle des performeurs de stand-up et de la mégalomanie de certains de ses prédécesseurs. Un vrai talent d'écriture, avec des formules oratoires souvent à double détente, et une grande présence scénique. A voir et écouter sans faute dans les émissions auxquelles il participe.

. "Thierry Rocher renvoie la Censure en 2014" de et par Thierry Rocher (vu le 1/03 au Théâtre des 2 Ânes): Moins connu que Bernard Mabille ou Didier Porte, Thierry Rocher n'en est pas moins un humoriste talentueux et incisif. Sniper du bon mot, parfois un peu facile, il n'a malheureusement pas l'assurance désinvolte de certains de ses compères habituels des revues de presse sarcastiques. Raison de plus pour aller l'encourager en espérant qu'il finisse par atteindre la reconnaissance qu'il mérite.

 

Pour les voir à tarifs réduits, passer par les agences de location spécialisées, tels que Ticketac ou BilletReduc.

31/01/2014

Bonne Année du Cheval de Bois

Year of Horse 2014

Ce 31 janvier (le 2 mars au Tibet), nous passons à l'année du Cheval de Bois (ou du Cheval Vert, ou du Cheval d'Azur).
Pour tout savoir sur ce signe et ses déclinaisons dans la Culture mondiale, lire le toujours excellent article de Tao-Yin
Pour les prédictions associées, voir: AsiaFlash, AstrologieTibétaine, BoiteDePandore, ChenMen, VoyagesChine ou LesCinqElements.

Comme escompté, l'année du Serpent d'Eau Noir a été l'objet de tensions toujours aussi marquées en Mer de Chine entre la Chine communiste, Taïwan, les Philippines, le Japon et les 2 Corées (litiges territoriaux, menaces réciproques, purges politiques, cyclones, ...), mais aussi dans le reste du monde (crise économique persistante, troubles au Proche-Orient et en Afrique, ...), malgré des améliorations significatives dans certains pays.

L' année du Cheval de Bois devrait conduire à une année dans la lignée de celle du Serpent Noir, avec une diminution des démonstrations de force, conduisant à des confrontations plus diplomatiques et pacifiques (notamment via les Jeux Olympiques et les Coupes du Monde). 

Le signe du Cheval est un signe de bravoure et de droiture (Chevalerie), à connotation plutôt militaire, avec tous les défauts associés (caractère bourrin). C'est un signe de sociabilité et d'intuitions, mais qui privilégie l'émotion à la raison, et il peut dériver vers la mondanité, la superficialité, l'égoïsme, le manque de ténacité.

En absence d'imprévus, l'année devrait être plutôt bonne, sauf pendant l'été, période pendant laquelle l'élément Feu est prédominant. Dans ce cas, attention aux ruades et aux emballements imprévues.

Pour certaines thématiques particulières, voir LeFigaro, LePoint, Amnesty, MuséeGuimet, PileFace.

 

Cheval de Bois

 

Cheval de Troie

31/12/2013

Cinéma 2013

Films 2013Ma Sélection de l'Année 2013.

Comme les années précédentes, sans attendre fin décembre pour un récapitulatif global, voici la liste des films que je recommande (ou pas) au fur et à mesure de mes visionnages.
Encore un bon cru cette année, quand on évite les "pop-corn movies" et les navets franchouillards.


Les indispensables (à voir absolument):
. "20 Ans d'écart" de David Moreau.
. "L'Attentat" de Ziad Doueiri.
. "Cloud Atlas" de Tom Tykwer, Andy et Lana Wachowski.
. "Django Unchained" de Quentin Tarantino.
. "Effets Secondaires" de Steven Soderbergh.
. "La Grande Bellezza" de Paolo Sorrentino.
. "Gravity" d'Alfoso Cuaron.
. "Jimmy P." d'Arnaud Desplechin.
. "Mud, Sous les Rives du Mississipi" de Jeff Nicholls.
. "Quai d'Orsay" de Bertrand Tavernier.
. "La Vie d'Adèle - Chapitre 1&2" d'Abdellatif Kechiche.
...


> Les recommandables (à ne pas rater, si possible):
. "2 Guns" de Baltasar Kormàkur.
. "9 Mois Ferme" d'Albert Dupontel.
. "Des Abeilles et des Hommes" de Markus Imhoof.
. "Albator, Corsaire de l'Espace" de Shinji Aramaki.
. "Alceste à Bicyclette" de Philippe Le Guay.
. "Amours et Turbulences" d'Alexandre Castagnetti.
. "A Touch of Sin" de Jia Zhang-Ke.
. "Au Bonheur des Ogres" de Nicolas Bary.
. "Au Bout du Conte" d'Agnès Jaoui.
. "Aya de Yopougon" de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie.
. "Blue Jasmine" de Woody Allen.
. "La Cage Dorée" de Ruben Alves.
. "Cartel" de Ridley Scott.
. "Casse-Tête Chinois" de Cédric Klapisch.
. "Le Cinquième Pouvoir" de Bill Condon.
. "La Cité Rose" de Julien Abraham.
. "Le Congrès" d'Ari Folman.
. "Le Dernier Pub avant la Fin du Monde" d'Edgar Wright.
. "Don Jon" de Joseph Gordon-Levitt.
. "Elysium" de Neil Blomkamp.
. "L'Escale" de Kaveh Bakhtiari.
. "Flight" de Robert Zemeckis.
. "Foxfire, Confessions d'un Gang de Filles" de Laurent Cantet.
. "Les Garçons et Guillaume, à Table!" de Guillaume Gallienne.
. "Gatsby le Magnifique" de Baz Luhrmann.
. "Grigris" de Mahamat-Saleh Haroun.
. "Hanna Arendt" de Margarette von Trotta.
. "Happiness Therapy" de David O.Russel.
. "Le Hobbit: La Désolation de Smaug" de Peter Jackson.
. "Il était Temps" de Richard Curtis.
. "Ilo-Ilo" d'Anthony Chen.
. "Je Fais le Mort" de Jean-Paul Salomé.
. "Kick-Ass 2" de Jeff Wadlow.
. "Lettre à Momo" de Hiroyuki Okiura.
. "Lincoln" de Steven Spielberg.
. "Le Loup de Wall Street" de Martin Scorcese.
. "Le Majordome" de Lee Daniels.
. "Ma Vie avec Liberace" de Steven Soderbergh.
. "Les Miller, Une Famille en Herbe" de Rawson Marshall Thurber.
. "Moi, Moche et Méchant 2" de Chris Renaud et Pierre Coffin.
. "Né Quelque Part" de Mohamed Hamidi.
. "No" de Pablo Larrain.
. "Oblivion" de Joseph Kosinski.
. "Omar" de Hany Abu-Assad.
. "La Parade" de Srdjan Dragojevic.
. "Le Passé" d'Asghar Farhadi.
. "Prisoners" de Denis Villeneuve.
. "R.I.P.D." (3D) de Robert Schwentke.
. "Samsara" de Ron Fricke.
. "Shokuzai (1): Celles Qui Voulaient Se Souvenir" de Kiyoshi Kurosawa.
. "Shokuzai (2): Celles Qui Voulaient Oublier" de Kiyoshi Kurosawa.
. "Snowpiercer, le Transperceneige" de Joon-Ho Bong.
. "Tel Père, Tel Fils" de Hirozaku Kore-Eda.
. "The Grandmaster" de Wong Kar-Wai.
. "The Lebanese Rocket Society" de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige.
. "The Lunchbox" de Ritesh Batra.
. "The Master" de Paul Thomas Anderson.
. "The Way - La Route Ensemble" d'Emilio Estevez.
. "Trance" de Danny Boyle.
. "La Vénus à la Fourrure" de Roman Polanski.
. "La Vie Domestique" d'Isabelle Czajka.
. "Violette" de Martin Provost.
. "Zero Dark Thirty" de Kathryn Bigelow.
...


Les pas mauvais (à voir éventuellement):
. "11.6" de Philippe Godeau.
. "7 Psychopathes" de Martin McDonagh.
. "Cheba Louisa" de Françoise Charpiat.
. "Dead Man Down" de Niels Arden Oplev.
. "Le Dernier Rempart" de Kim Jee Woon.
. "L'Ecume des Jours" de Michel Gondry.
. "Elephante Blanco" de Pablo Trapero.
. "Evasion" de Mikaël Hafström.
. "Les Flingueuses" de Paul Feig.
. "
Gangster Squad" de Ruben Fleischer.
. "Gibraltar" de Julien Leclercq.
. "
Le Grand Retournement" de Gérard Mordillat.
. "Hitchcock" de Sacha Gervasi.
. "Hotel Transylvanie" de Genndy Tartakovsky.
. "Iron Man 3" de Shane Black.
. "Machete Kills" de Robert Rodriguez.
. "La Marque des Anges - Miserere" de Sylvain White.
. "Mohamed Dubois" d'Ernesto Ona.
. "Le Monde Fantastique d'Oz" de Sam Raimi.
. "Monstres Academy" de Dan Scanlon.
. "
Mystery" de Lou Ye.
. "Only God Forgives" de Nicolas Winding Refn.
. "Pacific Rim" (3D) de Guillermo del Toro.
. "Parkland" de Peter Landesman.
. "Paulette" de Jérôme Enrico.
. "Une Place sur la Terre" de Fabienne Godet.
. "Planes" de Klay Hall.
. "Pop Rédemption" de Martin Le Gall.
. "Les Profs" de Pierre-François Martin-Laval.
. "Red 2" de Dean Parisot.
. "La Reine des Neiges" de Chris Buck et Jennifer Lee.
. "Renoir" de Gilles Bourdos.
. "Riddick" de David Twohy.
. "Le Roi du Curling" d'Ole Endresen.
. "Sâdhu" de Gaël Métroz.
. "Shérif Jackson" de Logan et Noah Miller.
. "Sous Surveillance" de Robert Redford.
. "Les Stagiaires" de Shawn Levy.
. "Star Trek Into Darkness" de Jeffrey J. Abrams.
. "La Stratégie Ender" de Gavin Hood.
. "
Tad l'Explorateur" d'Enrique Gato.
. "The Bling Ring" de Sofia Coppola.
. "The Iceman" d'Ariel Vromen.
. "
The Place Beyond the Pines" de Derek Cianfrance.
. "Week-End Royal" de Roger Michell.
. "Zulu" de Jérôme Salle.
...

Les déceptions (à éviter):
. "A Very Englishman" de Michael Winterbottom.
. "
Les Ames Vagabondes" d'Andrew Niccol.
. "Joséphine" d'Agnès Obadia.
. "Malavita" de Luc Besson.
. "One Piece Z" de Tatsuya Nagamine.
. "Spring Breakers" de Harmony Korine.
. "Une Chanson Pour Ma Mère" de Joël Franka.
. "Vive la France" de Michaël Youn.
... 
 

Les catastrophiques (à fuir ou oublier):
. "After Earth" de M.Night Shyamalan.



Rappel: la sélection 2012 est .

Par ailleurs, je n'ai pas encore vu, mais j'envisage de voir:
. "La Religieuse" de Guillaume Nicloux.
. "L'Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet" de Jean-Pierre Jeunet.
. "The Immigrant" de James Gray.