Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/06/2008

Dharamsala, par Florence Joli

Fillette à la bougie d'Olivier FollmiHommage à Tenzin.

Un dernier regard en arrière,
Tu t’inclines devant ta mère,
Tu pars au-delà des frontières, éphémères,
Tout notre espoir est en toi,
Ici, on te volera ta foi,
En secret, nous prierons pour toi, va !

Petit Bouddha, tu marches vers Dharamsala,
Petit Bouddha, c’est just’après l’Himalaya.

Ne nous demande pas pourquoi
Cette terre n’est plus à toi.
Qui a raison, qui a le droit, sur toi !
La réponse est peut-être là,
Au-delà du vent et du froid,
On te l’enseignera là-bas ; alors, va !

Petit Bouddha, tu marches vers Dharamsala
Petit Bouddha, c’est just’après l’Himalaya.

Des larmes dans tes yeux d’enfant,
Tu te retournes, et droit devant,
Marche vers le soleil couchant ; va-t-en !

Petit Bouddha, tu rentreras un jour chez toi
Petit Bouddha, c’est just’avant l’Himalaya...




(Merci à Tibet-Info).

Sinon, aujourd'hui c'est le 19-ième anniversaire des massacres de Tian Anmen. Malgré la campagne un peu restreinte de RSF, et la campagne de désinformation des maoïstes français, il est nécessaire de se rappeler qu'il n'y a pas que les tibétains qui sont victimes du régime communiste chinois et de ses alliés occidentaux toujours prompts à faire du business. N'oublions donc pas les démocrates, syndicalistes et étudiants chinois, les ouighours, mongols et autres minorités ethniques, les homosexuels, les chiens errants, etc. qui ont payé un lourd tribu ces derniers temps pour ces JO du 3-ième Reich millénaire (Voir par exemple la liste du Collectif Chine-JO 2008).

Compléments :
> Photo de Tenzin (DR) chez François-Xavier Prévot.
> Photos d'Olivier Föllmi.
> Tibet-Info (Nangpa La)
> Bulletin Info-Himalaya oct.2006
> "La Fuite à travers l'Himalaya" de Maria Blumencron (Glénat Editions).

31/05/2008

La Divinité de l'Homme

Brahma

Une vieille légende hindoue raconte qu'il y fut un temps où tous les hommes étaient des dieux.
Comme ils abusèrent de ce pouvoir, Brahma, le maître des dieux, décida de le leur retirer et de le cacher dans un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Oui, mais où ?
Brahma convoqua en conseil les dieux mineurs pour résoudre ce problème.
- Enterrons la divinité de l'homme, proposèrent-ils.
Mais Brahma répondit :
- Cela ne suffit pas, car l'homme creusera et trouvera.
Les Dieux répliquèrent :
- Dans ce cas, cachons-la tout au fond des océans.
Mais Brahma répondit :
- Non, car tôt ou tard l'homme explorera les profondeurs de l'océan. Il finira par la trouver et la remontera à la surface.
Alors, les dieux dirent :
- Nous ne savons pas où la cacher, car il ne semble pas exister sur terre ou sous la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour.
Mais Brahma répondit :
- Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.
Et depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme explore, escalade, plonge et creuse, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

Cité dans "Fous de l'Inde : Délires d'Occidentaux et sentiment océanique" de Régis Airault (Editions Payot 2000).

28/05/2008

Babylone (Musée du Louvre)

BabyloneMetropolis, Origines et Fantasmes.

Superbe expo cette saison qui présente la particularité de montrer à la fois la réalité de ce que fut Babylone à partir de ce qu’on en a retrouvé sur le terrain, mais aussi l’influence énorme et majoritairement fantasmée qu’à eu la ville dans l’imaginaire occidental.

Babylone, c’est d’abord la 'Mégapole', construite de façon raisonnée et ordonnée pour être la capitale d’un empire qui est à l’origine des premiers Codes de Lois écrits. On y trouve sous une forme assez imagée ce que nous connaissons maintenant sous le nom de 'Loi du Talion'.
C’est une Cité qui a livré des archives en nombre incommensurable sur des tablettes de terre cuite, permettant de tout connaître de l’organisation de la Société, ses préoccupations, ses mythes fondateurs. Les vitrines fourmillent de textes administratifs, législatifs, topographiques, historiques, diplomatiques, judiciaires, fiscaux, mais aussi mathématiques, astrologiques, divinatoires, médicaux, mythologiques, etc.
Les grandes épopées (Gilgamesh, …) ou les récits initiaux du Déluge et de la Création du Monde (largement plagiés par les auteurs de la Bible) voisinent avec les premiers pas du Zodiaque et de l’Astrologie Occidentale.

Cette première partie archéologique culmine avec les superbes reconstitutions d’animaux qui bordaient la voie sacrée menant au grand Temple de Mardouk via la Porte d’Ishtar.

Queen of the NightLa deuxième partie est tout aussi passionnante.
Après avoir sombrée dans les sables du désert suite au déplacement des centres de pouvoir, Babylone devient la référence absolue des villes mythiques disparues de la surface de la Terre [*] et enflamme l’imagination des auteurs occidentaux.
L’Apocalypse de Saint-Jean diabolise la ville au même titre que Sodome et Gomorrhe, alors que rien ne prouve une quelconque dépravation des mœurs locales.
Les dieux régionaux sont évidemment repeints aux couleurs du démon. Le Dragon tutélaire de la ville fait un Serpent très adéquat (le Jardin d’Eden n’est pas loin). Pazuzu, dieu du vent et protecteur des femmes enceintes, devient un diable des plus effrayants (tout le monde se souvient de lui dans le prologue irakien de l’Exorciste). On assimile la Reine de la Nuit, une Déesse Mère proche d’Isis/Astarté, avec Lilith, la femme-démon qui s’attaque à la ‘vitalité’ des hommes.

Tour de Babel
On confond allègrement la Tour de Babel citée dans la Genèse (assimilée à la ziggourat de Borsippa), avec le grand Temple de Mardouk/Baal dont l’allure évoque plutôt les pyramides mayas.
Symbole de la vanité des Hommes, l’orgueilleuse Babel/Babylone est donc pour des raisons politiques, renvoyée dans l’Axe du Mal pour le profit de Jérusalem censée être la Ville idéale et bénies de(s) dieu(x). On retrouve donc le même antagonisme qu’entre Carthage et Rome, Troie et Sparte, ou … entre Bagdad et Washington. Les mêmes recettes continuent à s’appliquer au cours des siècles.
Tout comme le Salammbô de Flaubert revisitait de façon très fantasmée le Carthage antique, Babylone a également énormément inspiré les dramaturges (Sardanapale de Byron), les peintres classiques (de Bruegel à Delacroix), les cinéastes (Intolérance de D.W.Griffith, Metropolis de Fritz Lang, Rintaro, Inarritu, …), ou les musiciens (du Nabucco de Verdi à Bob Marley). On n’en retrouve malheureusement qu’une faible partie dans cette grande expo, à voir absolument.

[*] : les jardins suspendus, une des 7 merveilles du monde, sont situés dans son périmètre.

Compléments :
> Le mini-site de l'Expo.
> Photos de l'Expo sur LesEchos.
> L'expo sur le web: France24, RFI, LeMonde, LesEchos, Fluctuat, Historia.
> Sur les blogs: AgoraVox, LouvrePassion, CaféGéo, Romanes.
> A lire: "Babylone, à l'Aube de notre Culture" par Jean Bottero (Découvertes Gallimard n°230).

24/05/2008

Théatre de la Ville 2008 (Paris)

Théatre de la VillePassage de Témoin.

Gérard Violette s'en va et est remplacé par Emmanuel Demarcy-Mota à la tête du Théatre de la Ville. Mercredi 21 mai a eu lieu la réunion annuelle de présentation du programme aux abonnés, beaucoup plus nombreux que d'habitude.

Tous les deux se sont défendus de vouloir privilégier le théâtre aux autres formes de spectacles dans la nouvelle programmation. Donc acte. On notera néanmoins que les précédentes réunions de ce genre étaient plutôt consacrées à la promotion des Musiques du Monde, alors que celle-ci a été exclusivement consacrée aux pièces de la nouvelle saison. Le système d'abonnement a été également modifié pour attirer plus de spectateurs vers le théâtre. Si on retrouve à peu près les mêmes têtes d'affiche (pourquoi pas, puisque ce sont les meilleures), il semble y avoir un peu moins de reprises et un peu plus de créations originales. Ce point est néanmoins à pondérer, puisque certains spectacles qualifiés de 'création' ont apparement déjà été mis en scène à l'occasion des festivals de l'été dernier.

Dans la programmation à venir, j'aurai tendance à recommander:

Théatre/Opéra:
. "Le Soleil ni la Mort ne peuvent se regarder en face" de Wajdi Mouawad, par Dominique Pitoiset, du 16 septembre au 4 octobre 2008.
. "Mefisto for Ever" (Triptyque du Pouvoir 1) d'après Klaus Mann, par Guy Cassiers, du 19 au 27 septembre 2008.
. "Wolfskers" (Triptyque du Pouvoir 2) d'après Youri Arabov, par Guy Cassiers, du 30 septembre au 4 octobre 2008.
. "Atropa" (Triptyque du Pouvoir 3) d'après Euripide, par Guy Cassiers, du 6 au 10 octobre 2008.
. "Madame de sade" (1965) de Yukio Mishima, par Jacques Vincey, du 8 au 24 octobre 2008.
. "Le Retour au Désert" (1988) de Bernard-Marie Koltès, par Catherine Marnas, du 4 au 9 novembre 2008.
. "BlackBird" de David Harrower, par Claudia Stavisky, du 3 au 19 décembre 2008.
. "Regarde Maman, Je Danse" (reprise) de et avec Vanessa Van Durme, par Frank Van Laecke, du 11 au 16 mai 2009.

Danse:
. "La Danseuse Malade" par Jeanne Balibar et Boris Charmatz, du 12 au 15 novembre 2008.
. "IN-I" par Juliette Binoche et Akram Khan, du 19 au 29 novembre 2008.
. "Namasya" (reprise) par Shantala Shivalingappa, du 25 au 30 novembre 2008.
. Bhârata Natyam par Alarmel Valli, du 27 au 30 novembre 2008.
. "(purgatorio) IN VISIONNE" et "(purgatorio) POPOPERA" par Emio Greco et Pieter C.Scholten, du 9 au 19 décembre 2008.
. "Turba" par la compagnie Maguy Marin, du 3 au 7 février 2009.
. "Entracte" par Josef Nadj, du 10 au 14 février 2009.
. "Maria-Magdalena" de Wayn Traub, du 28 avril au 9 mai 2009.
. "Orphée et Eurydice" par la compagnie Marie Chouinard, du 12 au 19 mai 2009.

Concerts:
. Monâjât Yultchieva (Ouzbékistan), le 18 octobre 2008.
. Bardes d'Asie Centrale (Turkménistan, Kazakhstan, Kirghizie, Ouzbékistan), le 15 novembre 2008.
. Chant et Musique Soufie du Pakistan, le 31 janvier 2009.
. Zarsanga (Pakistan), le 7 février 2009.
. Chant et Musique de Mongolie, le 31 et 22 mars 2009.
. Pushparaj Koshti (Dhrupad, Inde du Nord), le 9 mai 2009.
. Ensemble Shanbehzadeh (Iran), le 16 mai 2009.
. Tefa (chanteuse de sarandra, Madagascar), le 6 juin 2009.
. Ensemble de Khênes et Molam (Laos), le 13 juin 2009.

> Le programme sera disponible en pdf début juin.

17/05/2008

Des Temps et des Vents (Beş Vakit) de Reha Erdem

Des Temps et des VentsSymphonie Pastorale.

5 temps dans la journée (ceux des appels à la prière) se conjuguent avec 5 grand moments de la vie (naissance, enfance, travail, maladie, mort) dans un petit village rural à l’écart de l’agitation du monde moderne.

On pense au "Printemps, Eté, Automne, Hiver, … et Printemps" de Kim Ki-Duk qui revisitait lui aussi de façon symbolique et rurale l’existence humaine. Mais il y aussi du Giono dans la façon de vivre de ces paysans, durs à la tâche, et perpétuant les traditions rurales, patriarcales, religieuses et communautaires (école, familles, mosquée, assemblée du village, …), tout autant que les inégalités ancestrales (le patriarche et ses enfants, l’orphelin, les femmes et leurs maris, …)

L’endroit est un petit paradis perdu, clos et isolé des influences extérieures. On n’y voit aucun étranger perturbateur. Mêmes les oiseaux y sont étrangement absents, à l’exception d’un seul représentant vite abattu par un chasseur. Mais le ver est déjà dans le fruit : hommes éprouvant du désir pour une autre femme que la leur, gamins désireux de tuer le père (au sens propre comme au sens figuré), rivalités entre frères, ... Seuls les animaux sont innocents, pratiquant leurs ébats sans aucune des arrières pensées humaines.
Le temps est à l’image des sentiments de certains des protagonistes, orageux et agité lors des périodes de maladie, de haine et de conflits, plus apaisé lorsque la mort ou les naissances permettent une délivrance.
La brume dans les collines finit par remplacer le souffle du vent qui annonçait l’orage. Est-ce le début d’une réconciliation entre les êtres, ou seulement l’ouverture d’un passage vers le monde extérieur, qui envahit cette société pastorale et la transforme à jamais ?

Les images sont superbes, puissamment soulignées par une musique en harmonie avec le propos. En bref, un film qui mérite les nombreux prix récoltés dans les festivals auxquels il a participé. Pour une fois, le terme de chef d’œuvre utilisé dans la bande annonce n’est pas usurpé.

Note : 9/10

Compléments :
> Le site français du film (Site en anglais).
> Les critiques de CommeAuCinéma, LeMonde, Excessif, AVoirALire.
> Sur les Blogs: CriticoBlog, IleDéracinée, Wodka, VoisinBlogueur, ImagesDuMonde.