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26/12/2008

Bilan Cinéma 2008

Best Of 2008Un An de Salles Obscures

En cette fin d'année, petit bilan traditionnel des sorties cinématographiques.

Les années se suivent et se ressemblent. Pour quelques petits chefs d'oeuvre, malheureusement bien rares, beaucoup de productions industrielles sans saveurs et sans grand intérêt. Même des films a priori intéressants reprennent des thèmes vus et revus, sans apporter grand chose de plus qu'une virtuosité technique ou artistique, sans essayer d'approfondir le sujet ou de l'actualiser. Mondialisation de la production, règne du politiquement correct, manque d'imagination des scénaristes finiront par tuer le cinéma plus surement que le piratage.
Du coup, j'ai finit par ne plus chroniquer que quelques rares films sortant de l'ordinaire et sur lesquels on puisse dire quelque chose d'un peu original.

Pour ceux qui aimeraient néanmoins avoir mes impressions sur les sorties de l'année écoulée, voici une classification sommaire regroupant la liste complète de ce que j'ai vu en salle depuis le 24/12/2007:

> Les indispensables (à voir absolument):
. "Gomorra" de Matteo Garrone.
. "I Feel Good !" de Stephen Walker.
. "Into the Wild" de Sean Penn.
. "Jar City" de Baltasar Kormákur.
. "Johnny Mad Dog" de Jean-Stéphane Sauvaire.
. "Kung Fu Panda" de Mark Osborne et John Stevenson.
. "Mongol" de Sergei Bodrov.
. "No Country for Old Men" des frères Cohen.
. "Tropa de Elite" de Jose Padilha.
. "Les Seigneurs de la Mer" de Rob Stewart.
. "Des Temps et des Vents" de Reda Erdem.
. "Valse avec Bachir" d'Ari Folman.
. "La Visite de la Fanfare" d'Eran Kolirin.
. "The Visitor" de Thomas McCarthy.
. "XXY" de Lucia Puenzo.

> Les recommandables (à louer si nécessaire en DVD):
. "Les Ailes Pourpres" de Matthew Aeberhard et Leander Ward.
. "Appaloosa" d'Ed Harris.
. "La Bande à Baader" de Uli Edel.
. "Bienvenue chez les Ch'tis" de Danny Boon.
. "Bons Baisers de Bruges" de Martin McDonagh.
. "La Cité des Hommes" de Paulo Morelli.
. "Chasseurs de Dragons" d’Arthur Qwak et Guillaume Ivernel.
. "Les Chimpanzés de l'Espace" de Kirk De Micco.
. "L'Echange" de Clint Eastwood.
. "Ezra" de Newton Aduaka.
. "Faubourg 36" de Christophe Barratier.
. "Les Faussaires" de Stefan Ruzowitzky.
. "Les Hauts Murs" de Christian Faure.
. "Iron Man" de Jon Favreau.
. "It's a Free World" de Ken Loach.
. "JCVD" de Mabrouk el Mechri.
. "2 Jours à Tuer" de Jean Becker.
. "Juno" de Jason Reitman.
. "Les Larmes de Mme Wang" de Liu Bingjian.
. "Leonera" de Pablo Trapero.
. "Louise Michel" de Benoît Delépine et Gustave Kervern.
. "2 Lovers" de James Gray.
. "Lust Caution" de Ang Lee.
. "Martyrs" de Pascal Laugier.
. "Mensonges d'Etat" de Ridley Scott.
. "Mesrine: l'Instinct de Mort" et "Mesrine: l'Ennemi Public n°1" de Jean-françois Richet.
. "My Father, my Lord" de David Volach.
. "Opera Jawa" de Garin Nugroho.
. "Peur(s) du Noir" (collectif).
. "Le Plaisir de Chanter" d’Ilan Duran Cohen.
. "Pour Elle" de Fred Cavayé.
. "Redacted" de Brian de Palma.
. "Rendez Vous à Brick Lane" de Sarah Gavron.
. "Le Roi et le Clown" de Lee Jun-Ik.
. "Sagan" de Diane Kurys.
. "Secret Défense" de Philippe Haïm.
. "Séraphine" de Martin Provost.
. "Si Loin" de Tania Hermida.
. "Sleep Dealer" d'Alex Rivera.
. "2 Soeurs pour un Roi" de Justin Chadwick.
. "Sous les Bombes" de Philippe Aractingi.
. "Surveillance" de Jennifer Lynch.
. "La Terre des Hommes Rouges" de Marco Bechis.
. "Les Toilettes du Pape" d'Enrique Fernandes et César Charlone.
. "Tonnerre sous les Tropiques" de Ben Stiller.
. "Un Monde à Nous" de Frederic Balekdjian.
. "Wall-E" d'Andrew Stanton.

> Les bons passe-temps (à voir s'il passe à la télé):
. "Au bout de la Nuit" de David Ayer.
. "Bataille à Seattle" de Stuart Townsend.
. "Braquage à l'Anglaise" de Roger Donaldson.
. "Brave Story" de Kôichi Chigira.
. "Burn After Reading" des frères Cohen.
. "Cleaner" de Renny Harlin.
. "Coluche, l'Histoire d'un Mec" d'Antoine de Caunes.
. "Cortex" de Nicolas Boukhrief.
. "Le Crime est notre Affaire" de Pascal Thomas.
. "The Dark Knight" de Christopher Nolan.
. "Day Watch" de Timur Bekmambetov. 
. "The Duchess" de Saul Dibb.
. "Fleur Secrète" de Masaru Konuma.
. "Française" de Souad El Bouhati.
. "GAL" de Miguel Courtois.
. "Garage" de Lenny Abrahamson.
. "Go Fast" d'Olivier Van Hoofstadt.
. "Hancock" de Peter Berg.
. "Indiana Jones et le Royaume du Crane de Cristal" de Steven Spielberg.
. "Mes Amis, mes Amours" de Lorraine Levy.
. "My Name is Hallam Foe" de David MacKenzie.
. "La Momie 3" de Rob Cohen.
. "Musée Haut, Musée Bas" de Jean-Michel Ribes.
. "Sans état d'âme" de Vincenzo Marano.
. "Wanted" de Timur Bekmambetov.

> Les déceptions (à éviter):
. "MR73" d'Olivier Marchal.
. "Phénomènes" de M Night Shyamalan.
. "Sweeney Todd" de Tim Burton.
. "There Will Be Blood" de Paul Thomas Anderson.
. "Vicky Cristina Barcelona" de Woody Allen.
. "X-Files Regeneration" de Chris Carter.

> Les ratages complets (à oublier):
. "La Possibilité d'une Ile" de Michel Houellebecq.

Finalement, on regrette la diminution de la production asiatique (due à la censure chinoise très active pour les JO, à l'apathie du marché au Japon, à la modification de l'environnement réglementaire en Corée, ...) et celle de l'Europe de l'Est qui n'a pas réitéré son coup d'éclat de 2007. Heureusement, de bonnes surprises sont venues de l'Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Equateur) qui confirme son retour en force, ainsi que du Proche-Orient (Israël, Liban) très inspiré par les guerres passées et présentes.
En Europe et aux USA, si de nombreux réalisateurs confirmés ont déçu, d'autres ont montré qu'ils n'étaient pas complètement finis et des petits nouveaux ont fait montre d'un talent prometteur. De quoi envisager l'année à venir avec confiance.

20:00 Publié dans Ecrans Larges | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinema |  Imprimer

17/11/2008

Mon Beau Sapin

Mon Beau Sapin par Penelope JolicoeurBientôt Noël !

Monbeausapin.org est un site temporaire de bande dessinée en ligne, qui présente un auteur différent chaque jour.

Chaque visite est comptabilisée. Et pour la Noël, une somme proportionnelle au nombre total de visiteurs sera offerte à l'opération "Arbres de Noël" de la Croix Rouge.

Il n'y a rien à cliquer, rien à acheter, il suffit de venir lire les BDs, et en parler autour de soi pour faire augmenter le nombre de visiteurs.

(Un site créé par Pénélope Bagieu, avec le soutien d'Orange, en partenariat avec la Croix-Rouge Française)

14/11/2008

La Danseuse Malade de Boris Charmatz

La Danseuse Malade de Boris CharmatzIci Git une Cata.

Le problème quand on est abonné, c’est qu’on choisit souvent ses spectacles en n’ayant qu’une vague idée du résultat final, en fonction de la note d’intention et du parcours du metteur en scène et de ses interprètes.
On peut être agréablement surpris, quand on s’attache à découvrir les futurs grands de ces prochaines années. On est quelquefois cruellement déçu.

Au vu du programme publié en Juin, la « Danseuse Malade » se voulait un hommage au créateur du Butô, le japonais Tatsumi Hijikata, à partir de ses écrits mais dans une vision plus occidentale.
La présence de l’actrice Jeanne Balibar, qui désirait revenir vers une pratique de la danse qu’elle avait abandonnée ces dernières années, ajoutait également un intérêt supplémentaire et laissait augurer d’une bonne qualité minimale. Quand on est déjà connue, on évite de faire n’importe quoi au risque de couler sa carrière.

La déception est immense.
Pochade de jeune chorégraphe désirant cracher dans la soupe avant même d’avoir eu plus qu’un succès d’estime ? Délire mal maitrisé, dû à l’abus de substances psychotropes illicites ? Travail baclé face à un projet trop ambitieux pour lui ?
Si les textes de Tatsumi Hijikata sont très intéressants (il suffisait de fermer les yeux pour pouvoir les apprécier à leur juste valeur), ils auraient mérités une bien meilleure interprétation théâtrale.
En plus d’une (trop longue) balade en camionnette électrique sur le plateau, quelques scènes difficilement intelligibles et/ou ridicules, soit finalement pas grand chose propre à satisfaire un amateur de danse ou de théâtre.
Certaines idées de mise en scène ne sont pourtant pas bêtes, tel l’intérieur du camion filmé et projeté sur les parois extérieures (c’est le genre de chose qu’on pourrait voir chez Guy Cassiers). Dommage que ce ne soit finalement pour ne rien dire.
Dommage également que le potentiel de Jeanne Balibar, réduite à débiter un long monologue, soit si peu exploité. Pour elle qui voulait (re)faire de la danse, c’est une occasion ratée.

Concernant le Butô, Charmatz passe complètement à côté. Au lieu d’une méditation physique et métaphysique ressassant des thèmes venant du plus profond de notre être (difficulté d’être, identité incertaine, culpabilité, …), il ne fait qu’illustrer littéralement le texte en ne proposant qu’une petite vadrouille sur les routes de la mémoire de l’auteur, sans en avoir compris la portée. L’aspect poétique et dérangeant des représentations de Ushio Amagatsu (Sankai Juku) par exemple, est complètement évacué au profit d’un vague n’importe quoi destiné à choquer le public.
Comparé à la scène belge en général, et aux troupes de Gand en particulier, la « Danseuse Malade » est particulièrement décevante. On rêve à ce qu’aurait pu faire de ce sujet un auteur comme Wayn Traub. Ni mysticisme, ni critique sociale, ni réflexion identitaire, La « Danseuse Malade » ne questionne rien, ni personne et ne reflète que l’Ego boursouflé de son concepteur.

Charmatz applique en fait à la scène, les recettes nauséabondes de Jackass et de Michaël Youn. Ses "11 Commandements du Butô" enchainent donc une suite de mini-performances hautement intellectuelles : il s’éclate la tête en fumant un feu d’artifice, il pousse un camion avec son cul, il se roule dans le chewing-gum, il fait des grimaces face à une caméra en gros plan, il se projette contre les parois d’un van en mouvement, il fait le singe sur le toit, il baise dans la cabine, il se bat avec un chien, etc.

On est donc très loin de l'esprit du Butô. Si Balibar ne s’en sort pas trop mal dans ce fiasco, et mérite qu’on suive ses prochaines tentatives autres que cinématographiques, on évitera par contre tout ce qui est estampillé Boris Charmatz. Je plains les habitants de Rennes qui vont avoir à le supporter à la tête du Centre Chorégraphique National de Bretagne.

Note: 2/10

Compléments :
> Le spectacle sur les sites du Théatre de la Ville et du Festival d'Automne.
> Les analyses et critiques de Libération, LeMonde, LeNouvelObs, ResMusica, ParisArt, BlogCulturel, TuDéblogues, Palpatine, iPheel, ThéâtreAngevin.

04/10/2008

Wolfkers par Guy Cassiers

WolfkersTriptyque du Pouvoir (2): Huis Clos.

"Wolfskers" est inspiré des 3 long métrages d'Alexandre Sokourov ("Moloch", "Taurus" et "Le Soleil") dont je n'avais malheureusement vu que le dernier, leur diffusion ayant été assez confidentielle.
S'il est possible de voir la pièce sans connaitre ces 3 films, il me semble nécessaire de connaître un peu la vie des 3 protagonistes en question, Wolfskers n'en reprenant que quelques scènes clef, sans beaucoup approfondir la psychologie des personnages. Deux autres films récents s'étaient par ailleurs déjà penchés sur le sujet, à savoir "La Chute" d'Olivier Hirschbiegel (également sur les derniers jours d'Hitler) et "Khroustalov, ma voiture" d'Alexeï Guerman (sur la fin de Staline, étrangement semblable à celle de Lénine) tous les 2 éminemment recommandables.

Le but de Wolfskers est de comparer ces 3 destins en même temps sur la même scène, en en soulignant les similitudes, les personnages secondaires étant joués par les mêmes acteurs.
Si ça marche plutôt bien pour Hitler et Lénine, ça a plus de mal à passer avec HiroHito dont la vie est sensiblement différente. Si les 2 premiers sont devenus des despotes du fait de leur volonté propre, et n'ont cessé leur 'carrière' que du fait de la maladie et de la mort, le dernier a eu un parcours qui s'est déroulé en sens inverse. Né pour régner, considéré comme un dieu vivant de par son ascendance, il a su évoluer vers une condition d'homme ordinaire plus proche de ses désirs.
De même si les serviteurs, courtisans et personnages féminins sont assez passe-partout pour rentrer dans le cadre imposé, il est difficile de voir en Speer, Staline et McArthur des personnages équivalents, notamment au vu de leur parcours ultérieur.

Le discours de Wolfskers est donc très réducteur par rapport à celui de Sokourov/Arabov. Il souligne l'hypertrophie des Egos qui conduit à nier l'individualité des autres, ravalés au rang de simples accessoires. Il rappelle que le pouvoir corrompt de façon consciente ou inconsciente.
Mais l'exercice se révèle assez scolaire et décevant, niant les spécificités de chacun des dictateurs et du contexte particulier à chaque époque.
Le dispositif scénique habituel à Cassiers est également assez mal utilisé, avec seulement quelques gros plans de vidéos floues. On aurait aimé voir utilisées quelques photos historiques, comme par exemple celle de McArthur avec HiroHito, seulement matérialisée par des effets de flashs.

Dans le même registre de 3 individualités enfermées dans un lieu clos en attendant leur jugement dernier, et dont on examine les crimes de leurs vies passées et leur future déchéance perpétuelle, Sartre avait réussi à faire quelque chose de beaucoup plus simple et nettement plus efficace.


Note: 6/10

Compléments :
> Le spectacle sur les sites du Théatre de la Ville, du Festival d'Automne et de la ToneelHuis.
> Les dates de la tournée sur LesArchivesDuSpectacle.
> Le dossier pédagogique du CRDP Paris.
> Les analyses et critiques de ThéatreContemporain, RueDuThéâtre, Telerama, SpectateurTurbulent, KissingAndHorridStrife, Les3Coups, L'Humanité, Tadorne.

27/09/2008

Mefisto for Ever par Guy Cassiers

Mefisto for EverTriptyque du Pouvoir (1): To Be Or Not To Be ?

"Hop Là, Nous Vivons!", présenté l'année dernière au Théâtre de la Ville, relatait le cas de conscience d'un militant d'extrême-gauche au moment de l'avênement du nazisme dans l'Allemagne des années 30. Militant pur et dur, il refusait évidemment toute collaboration avec le pouvoir en place, quitte à passer pour fou dans ce monde où les valeurs morales étaient complètement inversées.

"Mephisto" raconte la même histoire, mais vue du côté de celui qui a choisi de collaborer avec le nouveau régime, prétextant pouvoir mieux résister en étant à l'intérieur du système.
Ecrit en 1936, le récit de Klaus Mann, revu par Tom Lanoye et mis en scène par Guy Cassiers, est assez prophétique de ce que fut la réalité pour tous les intellectuels qui choisirent de rester au lieu de fuir à l'étranger. De compromis en compromissions, de petits arrangements avec la réalité à l'obéissance servile, le collabo finit par accepter de faire tout ce qu'il refusait, y compris et surtout le pire. On est loin des pastiches d'Ernst Lubitsch ou de Mel Brooks.

Théâtralement, la pièce est un vrai régal, compilant de larges extraits de Shakespeare (Hamlet, Roméo et Juliette, Jules César, Richard III), Goethe (Faust), Tchékhov (La Cerisaie). Les dialogues de la pièce jouée entrent alors en résonance avec la situation en cours, multipliant les sous-entendus et permettant un éclairage décalé des événements vécus par les 'héros'.
La censure devenant de plus en plus implacable, toute œuvre favorisant une réflexion personnelle devient suspecte et est éliminée au profit d’épopées nationalistes ou infantilisantes. Le répertoire du théâtre est en effet marqué par les récits de déchéances individuelles et collectives.

L’histoire n’est pas idyllique car elle ne fait pas l’impasse sur les difficultés des émigrés politiques, également mal reçus dans les démocraties occidentales, pourtant censées incarner leur idéal.
A noter, le personnage de l’acteur facho qui se retrouve trahi par ceux qu’il a porté au pouvoir. Un parcours à méditer pour les tenants de l'extrême droite flamande en Belgique, aux idéaux racistes et xénophobes, mais qui pourrait tout aussi bien s’appliquer à la France sarkoziste qui a vu nombre d’intellectuels prétendument de gauche retourner leur veste pour quémander prébendes et honneurs.

Les acteurs sont bons, la mise en scène inventive. L’utilisation de la langue flamande n’est pas gênante, car assez proche de l’allemand dans ses sonorités. Les seul bémols: la longue entracte d'une demi-heure (avec évacuation de la salle) alors qu'il n'y avait pas grand-chose à changer sur scène, et la mauvaise vision des sous-titres par les premiers rangs, l'écran très bas étant beaucoup trop proche du public. Heureusement, la même erreur n'a pas été faite pour Wolfskers (Triptyque du Pouvoir n°2).

Le personnage principal ne vit que par et pour le théâtre, et est assez représentatif d'une certaine intelligentsia imbue d’elle-même et prétendant incarner un rôle de guide moral et de formateur culturel. Malgré les fanfaronnades, le verbe est creux, la pensée est formatée par le milieu ambiant, et la marionnette est facilement manipulée par les puissants, qui jouent d’abord sur l’orgueil et la vanité, sans avoir besoin d’user de menaces physiques. L’absence de pensée personnelle s'exprime magistralement quand il est confronté à ceux qui ont évolués pour pouvoir survivre. Un ‘Je’ qui ne pense pas, peut-il prétendre Être ?


Note: 8/10



Compléments :
> Le spectacle sur les sites du Théatre de la Ville, du Festival d'Automne et de la ToneelHuis.
> Les dates de la tournée sur LesArchivesDuSpectacle.
> Les analyses et critiques de ThéatreContemporain, Webthéa, RueDuThéatre, Fluctuat, SpectateurTurbulent, MaVieEnStilettos, KissingAndHorridStrife, ChezGalland, OdileQuirrot, Les3Coups, Tadorne.