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17/07/2009

Photos de Voyages sur le Web

photosImpermanence et Persistance.

 

Comme auront pu le constater les lecteurs réguliers de ce blog, j’y suis un peu moins présent et mon rythme habituel d’1 ou 2 billets par semaine a sévèrement baissé depuis plusieurs mois. La faute à un certain manque de temps libre, à une certaine lassitude face à l’offre culturelle du moment, à l’absence de projets vraiment motivants sur lesquels il y aurait quelque chose à dire. Le politiquement correct, la médiocrité et le cynisme de notre « civilisation » (faut-il l’appeler encore comme ça ?) finiront par tuer toute velléité à vouloir promouvoir un meilleur futur commun, en favorisant un repli égocentrique, suicidaire à long terme.

 

Une autre raison est ma re-plongée dans les multiples voyages effectués ces dernières années. A chaque fois, j’ai ramené un stock de photos assez impressionnant, mais qui sont restées en vrac, sans être mises en valeur nulle part. Jusqu’en 2002, je les collais dans des albums afin de pouvoir les consulter plus aisément. Mais la révolution numérique est passée par là !
D’abord, les rayons consacrés à la photographie traditionnelle ont quasiment disparus des magasins, virtuels ou non. Ensuite, le support des images a profondément changé de nature, donc d’usage. Mes nouvelles photos argentiques sont désormais systématiquement scannées au moment du développement et stockées sur CD. Mon appareil numérique fourni un flot important de fichiers aux noms abstraits qui s’éparpillent un peu partout sur mes différents disques durs et clefs USB. Certains ont définitivement disparus lors du crash d’un de ces disques, et il n’est pas sûr que les CDs soient toujours lisibles sans erreurs dans quelques années. Le passage de technologies analogiques à une société entièrement numérisée s’accompagne donc d’un accroissement sensible de l’impermanence des choses, et donc de l’oubli des événements qui y sont associés. D’un autre côté, il est devenu plus facile de partager ses souvenirs et de les échanger sans subir de contraintes spatio-temporelles. Reste que la marchandisation de la société, l’omniprésence de la publicité et la standardisation des comportements, sont des contraintes fortes qu’il est nécessaire de prendre en compte pour pouvoir concilier ses pratiques avec ses propres valeurs.

 

En 1909, Albert Kahn, banquier philanthrope et mécène, avait lancé dans le monde plusieurs équipes de photographes afin de favoriser la conservation des images d’une société en voie de disparition, à l’intention des générations futures. De nos jours, où est-il possible de mettre les images récoltées afin d’en permettre l’accès au plus grand nombre, sans se ruiner et sans risquer une disparition trop rapide ? La photo est un art qui a toujours été considéré comme mineur. Si l’écrit, le dessin, la peinture, l’image animée ont leurs conservatoires attitrés, il en est rarement de même pour les photos, même lorsqu’elles sont d’une valeur historique et artistique considérable. Rares sont les photographes professionnels ayant réussi à vivre de leur activité, les droits d’auteurs n’ayant pratiquement jamais été respectés dans ce domaine, même avant l’invention du Web. Si les vidéos trouvent facilement asile dans des sites partages gratuits (YouTube, DailyMotion, …), quoique avec une certaine censure morale et politique, il n’en est pas de même pour les images fixes. A plus forte raison pour des photos de voyages ou de reportage, considérés à tort comme pouvant être effectuées par n’importe qui. La différence se voit également dans l’offre disponible sur la Toile.

 

PicasaWeb Peregrinus

Quelques sites spécialisés existent, mais avec des limites assez contraignantes.

  • FlickR (Yahoo) jouit d’une réputation flatteuse sur le Web, mais j’ai du mal à comprendre pourquoi. Il a sans doute été un précurseur, mais tout le monde fait maintenant la même chose ou presque. Les limitations du compte gratuit sont par contre rédhibitoires pour stocker un grand nombre de photos (au maximum : 3 albums, 100 Mo chargeables par mois, 200 photos affichables). Le système de géo-localisation n’est pas facile à utiliser.
  • PicasaWeb (Google) est nettement plus intéressant. Au maximum, on peut stocker 1 Go de données (environ 3000 photos standards) et 500 photos par albums. Il n’y a pas d’autres limites. Il y a 3 niveaux de confidentialité, un système de géo-localisation très pratique (sur GoogleMaps), et on peut mettre tous les Tags que l’on veut. Le site peut (sans que ce soit obligatoire) travailler en collaboration avec le logiciel de traitement d’image Picasa, qui est à la fois performant, simple d’utilisation et gratuit.
  • Pikeo (Orange) permet également de stocker 1 Go de données. Le site pourrait être intéressant, s’il n’était d’une lenteur désespérante.
  • Kizoa peut être une alternative à PicasaWeb. Il offre également un espace de 1 Go, et possède en ligne les fonctions de traitement d'image présentes dans le logiciel Picasa.
  • Ipernity se veut un croisement entre FlickR et PicasaWeb. Il en garde surtout les limites : 200 Mo maximum chargeables par mois, et 1000 photos affichables. Il est possible d’ajouter un Add-On dans Picasa pour le synchroniser avec le site.
  • Comboost suit les leaders sans parvenir à les égaler. Les limites du compte gratuit sont les suivantes : au maximum 500 photos, 100 Mo et 50 photos par téléchargement, 25 albums, 25 diaporamas.
  • Hiboox limite sa gratuité à seulement 150 images.
  • ... et des tas de sites non francophones.
Face à une offre aussi importante, on peut se demander combien réussiront à durer, hormis les 2 principaux leaders. Vu l’investissement important en temps de travail que ça suppose (chargement, légendage, taggage, géo-localisation, …), il faut se demander si le jeu en vaut la chandelle et prévoir une solution de repli éventuelle. L’interfaçage avec Picasa est alors un vrai plus, puisque le travail effectué est conservé aussi en local, et est synchronisable avec tout site compatible.

 

Certains sites poursuivent des buts plus spécifiques :
  • Woophy : le but est inspiré par la même vision qu’Albert Kahn, à savoir couvrir l’ensemble de la Terre avec des photos témoignant de sa diversité et de sa richesse. Malheureusement l’interface est assez confuse et l’accès ne se fait que par géo-localisation. Il manque la possibilité d’accéder aux photos avec des critères plus étendus (sujet, période temporelle, territoire, etc.) et la possibilité de zoomer ou d’afficher en mode plein écran. C’est dommage.
  • TrekEarth : le concept est celui d’une communauté de photographes permettant de bénéficier des conseils des plus anciens ou expérimentés. L’interface est bien pensée (classement par pays, cartes, carnets de voyages, forums, ateliers de retouches, etc.). Le gros problème est qu’on ne peut charger qu’une seule photo par jour ! A ce rythme, inutile d’espérer y stocker ses voyages au long cours.
Les sites communautaires comme FaceBook ou MySpace permettent aussi de gérer des quantités de photos plus ou moins importantes. Mais mélanger ses photos de voyages avec le reste n’est peut-être pas le meilleur moyen de les mettre en valeurs, sauf si on veut frimer avec. Et on passera sans s'étendre sur les problèmes de confidentialité et de respect de la vie privée.
  • Copains d’Avant permet de stocker 1 Go (environ 3000 photos), avec 6 niveaux de confidentialité possible, mais avec seulement 100 photos maxi par album. Les photos sont facilement mixables avec le reste des rubriques (récits de voyages, cartes, groupes de discussion, …), mais leur affichage se fait avec des dimensions assez faibles et est noyé dans le reste du site. C’est plutôt mieux adapté à des photos événementielles ou anecdotiques (famille, relations, …)

De nombreux sites de développement et de tirages, permettent également de visualiser les photos fournies. Mais les contraintes sont si nombreuses et les incitations à commander si insistantes, qu’on les fuira comme la peste.

 

Presque tous les sites de voyages ont ouvert un espace globe-trotter, incitant les internautes à raconter leurs déplacements sous forme de blogs multimédias (textes, photos, cartes, vidéos, …). Concentrer ce genre de blogs dans un même espace dédié avec des outils adaptés, pourrait a priori être une bonne idée. Elle est malheureusement viciée par plusieurs considérations. Le but de ces sites est avant tout de faire des économies en employant des amateurs bénévoles à la place de pigistes (mal) rémunérés. En participant à ce genre de sites, on favorise la précarité et les faibles salaires de tout un secteur économique, majoritairement contrôlé par des multinationales du voyage. Le blogueur se fait lui-même exploiter en n’étant pas payé pour son travail (réutilisé dans tous les sites du groupe), mais en ayant même à payer pour l’utilisation de son blog. Par exemple blogs-de-voyage (Expedia) fait payer 4.90€ par an l’accès de base au blog (motorisé par BlogSpirit), alors que le même service chez HautEtFort (toujours BlogSpirit) est complètement gratuit et est affiché avec moins de pubs.

 

Pour conserver l’ensemble de sa production photographique à l’abri des incidents, rien ne vaudrait un site de stockage acceptant un maximum de formats (y compris le RAW) et jouerait le rôle de coffre-fort numérique. Ça tombe bien, il en existe.

  • Joomeo : la version gratuite ne permet de télécharger que 150 Mo par mois et n’accepte pas le RAW, mais il n’y a aucunes limites sur le nombre de photos stockées. L’interface est superbe et très rapide. Les fonctionnalités présentes sont complètes et bien pensées. Il suffit de 7 mois pour dépasser la limite de 1 Go présente sur tous les gros sites (7 * 150 = 1050 Mo).Espérons que la société qui gagne sa vie avec les clients professionnels, aura une existence longue et profitable.

 

Pour compléter le site précédent, en évitant les négriers des blogs de voyages, on peut décider d’ouvrir un blog dédié. Cela permet de personnaliser à sa manière l’interface de présentation. Les bonnes plateformes de blogs permettent également un référencement efficace du site dans les principaux moteurs de recherche. Parmi les rares vraiment gratuits, faciles à paramétrer et à utiliser, on notera :

  • HautEtFort : développé par BlogSpirit, il est particulièrement facile à utiliser. La version gratuite permet de stocker jusqu’à 250 Mo de données. C’est largement suffisant pour plusieurs années de textes avec leurs illustrations. Ça ne l’est plus si on utilise la fonctionnalité des PhotoBlogs. Il est préférable de stocker toutes ses photos importantes sur un autre site (PicasaWeb, Joomeo, …) et d’y faire référence directement dans un lien hypertexte.
  • CanalBlog : dispose également d’un système simplissime de PhotoBlog permettant de créer des albums photos, visibles individuellement ou par le biais de diaporamas. Il n’y a pas de limites quant à la quantité de données pouvant être stockées. Le seul bémol est la petitesse des photos affichées avec les outils standards (inférieure à la taille de l’écran). Mais on peut également facilement mettre en place un système d’affichage à partir de photos stockées sur un autre site.

 

En résumé, on pourra utiliser avec profit PicasaWeb (dans la limite de 1 Go), Joomeo (pour le stockage des photos originelles) allié à un site de blog (HautEtFort ou CanalBlog, pour la mise en page et le référencement), ainsi que TrekEarth si l’on veut bénéficier de conseils de (semi-)pros sur les techniques photographiques.

 

Compléments:
. Dossier Clubic: "Où et comment héberger mes photos ?"
. Dossier Tom's Guide: "Partager vos Photos sur Internet"
. Article 01Net: "6 Sites pour Partager vos Clichés"
. Dossier L'Internaute: "Albums Photos en Ligne"
. Helran: comparaison de 8 sites de partage
Tour Du Monde: coup de gueule sur les profiteurs des blogs de voyage

20:00 Publié dans Images, Voyages, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photo, voyages, blog, web |  Imprimer

14/06/2009

Angleterre du Nord-Est (Danelaw)

De la Bretagne romaine et le Danelaw à l'Angleterre Victorienne.

Souvent perçue comme une entité unique, l'Angleterre est la fusion de régions aux peuples, langues et coutumes assez diverses. D'abord celte et (superficiellement) unifié par les Romains, de Londinium jusqu'au Mur d'Hadrien, le pays se retrouve éclaté à partir du 5-ième siècle entre diverses zones d'influences germaniques (anglesjutessaxons, frisons, ...). C'est l'époque de la célèbre épopée de Beowulf. Le Nord-Est de l'Angleterre, aux origines danoises et norvégiennes, perd de son influence, et passe sous le contrôle des saxons du sud-ouest.
Aux royaumes anglo-saxons succèdent la conquête franco-normande et les massacres qui dévastèrent durablement le Nord. Si les monastères se développent en même temps que l'élevage, les mines et le commerce, les guerres (de Cent Ans, des 2 Roses) et la peste entrainent une nouvelle récession. La dynastie des Tudors favorise la révolution industrielle et culturelle anglaise, mais vide les monastères à la suite du schisme anglican. Après la parenthèse de Cromwell, la maitrise maritime et les colonies d'outre-mer entrainent une période d'expansion sans pareille qui culmine sous le règne de Victoria. L'ouest du Yorkshire voit alors l'apparition des soeurs Brontë qui marquent durablement la littérature anglaise.

Région industrielle spécialisée dans le textile et la sidérurgie, le Nord-Est a beaucoup souffert économiquement au 20-ième siècle. Mais sa relative désaffection a permis une très bonne conservation de ses nombreux vestiges romains et médiévaux, ses abbayes et cathédrales, ses châteaux (normands et anglais), ses jardins et sites naturels. Les fantômes y prolifèrent naturellement, grâce aux nombreuses invasions, guerres civiles et autres morts violentes. Aujourd'hui encore, les décors superbes de la régions servent l'imaginaire d'auteurs tels que J.K.Rowling. Quand aux cités ouvrières déprimantes de la région, elles ont donné naissance à nombre de groupes musicaux parmi les plus importants, ou à des films qui ont marqué leurs spectateurs dans le monde entier.

Circuit: Londres, Cambridge, Ely, Lincoln, York (cathédrale gothique), Castle Howard, Fountains AbbeyStudley Royal Park, Harewood House, Durham (cathédrale anglo-normande), Housesteads, Haworth (musée Brontë), BuxtonPeak District, Sheffield, ChesterfieldChatsworth, Londres.

 

Angleterre en Relief

Quelques informations complémentaires ci-dessous.

Bibliographie:
. "Guide Grande Bretagne" (Petit Futé).
. "Les Hauts de Hurlevent" d'Emilie Brontë (Livre de Poche).
. "Jane Eyre" de Charlotte Brontë (Livre de Poche).
. "Harry Potter" de J.K.Rowling (Folio).

Cinématographie:
. "Alfred le Grand, Vainqueur des Vikings" de Clive Donner (1969).
. "Billy Elliot" de Sephen Daldry (2000).
. "The Navigators" de Ken Loach (2002).
. "Tournage dans un Jardin Anglais" de Michael Winterbottom (2005) d'après Laurence Sterne.
. "This is England" de Shane Meadows (2006).
. "La Légende de Beowulf" de Robert Zemeckis (2007).

Discographie:
. "Wuthering Heights" de Kate Bush (1978).
. "Non Stop Erotic Cabaret" de Soft Cell (1981).
. "The Original Sound Of Sheffield '83-'87" de Cabaret Voltaire (best-of).
. "Hysteria" de Human League (1984).
. "First and Last and Always" de Sisters of Mercy (1985).
. "Tubthumping" de Chumbawamba (1997)
. "Catalogue" de Moloko (best-of).

Infos - Web:
. Sur Wikipedia et WikiTravel.
. Sur le site de Visit England et "Visit NorthEastEngland".
. Dossier Angleterre ancienne sur le site de "l'Université Canadienne de Laval".
. L'Histoire de l'Angleterre sur ImagoMundiHist-Europe et TerresContées.
. Informations pratiques chez EasyVoyage, LeRoutard, LonelyPlanet, EuropaPlanet.
. Cartes et documents sur LexiLogos et Mappery.
. Sites sacrés anglais sur Eastern CathedralsSacred Destinations, Sacred Sites, Seeking the Sacred et Haunted Britain.
. Le Mur d'Hadrien sur les sites de l'Université Lille3 et d'Odyssey.
. Dossier "Haworth et les soeurs Brontë" (en pdf).
. Sites sur le 'Brontë Country' : BronteCountry, VisitBronteCountry, BronteInfo et CastlesAndGardens.
. Poudlard : les lieux de tournages sur VisitBritainLaGazetteDuSorcier et LaFéeCaroline.
. Les lieux de tournages du Da Vinci Code, Orgueil et Préjugés.

Photoramas:
. "York 2004 de Mélanie", "Northern England d'Arnold", "Angleterre2008 de Bernard", "Cambridge 2009 de Charles", "York 2009 de Marie" sur PicasaWeb.
. Mes propres photos sur PicasaWeb :

Angleterre Nord-Est 2009


Carte de l'Angleterre Danoise et Saxone:

Carte Angleterre Danoise (Cliquez pour agrandir)

24/05/2009

Théatre de la Ville 2009 (Paris)

Théatre de la VilleLe Roi est Mort, Vive le Roi ?

 

La saison 2008/2009 du Théatre de la Ville s’achève avec un bilan assez mitigé.

Si du point de vue théâtral, d’incontestables réussites (Mefisto fo Ever, Wolskers, Le Retour au Désert, Madame de Sade, Blackbird, Regarde Maman, …) ont voisinés quelques déceptions (Atropa, Le Soleil Ni la Mort, …), la programmation Danse a été beaucoup plus contestable, et contestée.
Dans ce que j’ai vu, hormis les reprises et les danseuses classiques (Inde, ...), on va du simplement correct (Wayn Traub un peu fatigué, Marie Chouinard un peu confuse, Akram Khan un peu perdu, ...) au franchement mauvais (Alain Platel, Jan Fabre, Boris Charmatz, Emio Greco, Maguy Marin, ...). Ce n’est pas très glorieux pour la scène franco-belge.

 

La saison prochaine sera-t-elle meilleure ? J’ai comme un doute...

Comme l’année dernière, la présentation aux abonnés (mercredi 20 mai) a fait la part belle à la Danse, et surtout au Théâtre. Les Musiques du Monde, et plus encore le Classique, ont été sacrifiés par Emmanuel Demarcy-Mota dont ça n’est visiblement pas la tasse de thé. On regrettera décidément le départ de Gérard Violette.

Coté programmation, on prend les mêmes que d’habitude plus les favoris de EDM dans ses précédentes affectations. La volonté d’ouverture vers les Arts de la Scène européens se fait semble-t-il au détriment de l’Amérique du Nord.
Le soutien inconditionnel affiché envers la « création » se traduit par un chèque en blanc fait à certains « auteurs » contemporains, dont on ne juge malheureusement jamais a posteriori le travail, pour voir si les choix effectués étaient pertinents.
On retrouve donc dans le programme les mêmes vieux tâcherons de la saison précédente, qui pourront continuer à faire n’importe quoi sans avoir à se remettre en cause. Tant pis pour les jeunes créateurs européens qui auraient pu avoir besoin d’un coup de pouce pour percer sur la scène parisienne.
Heureusement, on invite un certain nombre d’artistes du Tiers-Monde qui semblent prometteurs. De même, un certain nombre de reprises bien choisies permettront de remplir les salles, et de financer les 90 spectacles programmés, malgré les spectateurs échaudés par les « créations » fumeuses des copains.

L’ouverture vers les enfants (programmes spéciaux, horaires adaptés et ateliers scolaires) et les jeunes générations (tarif réduit pour les moins de 30 ans) est par contre un point à noter et à encourager. Ça permettra peut-être de renouveler le public, dont la moyenne d’âge, étrangers non compris, est plutôt élevée.

 

On regrettera par contre, que l’objectif d’ouverture du théâtre vers le Monde et la création Multimédia, ne s’accompagne pas d’un effort équivalent sur le Web. Pendant 3 heures, on n’a pas une seule fois entendu le mot Internet. Pour toute information, on était prié de se reporter à la brochure papier, ou, audace extrême, à une présentation vidéo qui doit tourner en boucle sur une télé dans le hall d’accueil du théâtre. Comment expliquer un si grand écart entre les buts affichés et les moyens employés ?

On trouvera bizarre également d'entendre qualifier d’« absolument nouveau » le travail de la compagnie Teatro Cinema, alors qu’elle se situe manifestement dans la grande tradition du benshi japonais ou d'une compagnie comme le "Teatro de Ciertos Habitantes". Ça parait assez hallucinant pour l’équipe chargée de diriger une des plus grandes salles parisiennes.




Dans la programmation à venir, j'aurai tendance à recommander:

Théatre/Opéra:
. "L'Opéra de Quat'Sous" (1928) de Bertolt Brecht et Kurt Weill, par le Berliner Ensemble, du 15 au 18 septembre 2009, et du 1 au 4 avril 2010.
. "I went to the House but did not enter" de Heiner Goebbels, avec le Hilliard Ensemble, du 23 au 27 septembre 2009.
. "Sin Sangre" par la compagnie TeatroCinema, du 14 au 19 décembre 2009.
. "Casimir et Caroline" (reprise) de Odon von Horvath, par Emmanuel Demarcy-Mota, du 19 au 24 janvier 2010.
. "Amphitryon" de Molière, par Bérangère Jannelle, du 27 janvier au 12 février 2010.
. "Tori no tobu takasa" d'après "Par Dessus Bord" de Michel Vinaver, par Arnaud Meunier, du 15 au 20 février 2010.
. "Richard II" de Shakespeare, par le Berliner Ensemble, du 8 au 11 avril 2010.
. "Pâvakathakali", marionnettes traditionnelles du Kerala, du 19 au 24 avril 2010.

Danse:
. "Rosas danst Rosas" (1983) par Anne Teresa De Keersmaeker, du 23 au 29 octobre 2009.
. "Pororoca"  par la compagnie Lia Rodrigues, du 25 au 28 novembre 2009.
. "Tempest: Without a Body" par Lemi Ponifasio et la Mau Company, du 27 au 30 janvier 2010.
. "Dance" (1979) de Lucinda Childs, par le Ballet de l'Opéra National du Rhin, du 14 au 17 avril 2010.
. Création 2010 par Sankai Juku, du 26 avril au 4 mai 2010.
. "Beautiful Thing" par Padmini Chettur, du 3 au 5 mai 2010.
. "Bare Soundz" (Tap Dance) par Savion Glover, du 9 au 13 juin 2010.

Concerts:
. 17 Hippies (Allemagne), le 14 novembre 2009, pour l'anniversaire de la chute du Mur de Berlin.
. Renata Rosa et les polyphonies indiennes Kariri-Xoco (Brésil), le 25 novembre 2009.
. En Chordais (Grèce), le 2 décembre 2009.
. Altan (Irlande), les 8 et 9 janvier 2010.
Bunun et Piuma (Taiwan), le 23 janvier 2010.
. Sur la route de Gengis Khan (Mongolie), les 6 et 7 février 2010.
. Majorstuen (Norvège), le 27 mars 2010.
. Musique du Toit du Monde (Tadjikistan, Afghanistan, Pakistan), les 29 et 30 mai 2010.

> La brochure du programme est déjà disponible en pdf.

23/05/2009

Bonté Divine!, de Louis-Michel Colla et Frédéric Lenoir

Bonté DivineNourritures Spirituelles et Crise de Foi.

 

Un curé, un rabbin, un imam et un moine bouddhiste sont dans un bateau. Dieu tombe à l’eau. Qu’est ce qui reste ? Tel est en gros le thème de cette pièce, mélange de comédie et de réflexion philosophique, écrite par Louis-Michel Colla et Frédéric Lenoir, et menée de main de maître par Roland Giraud.

 

En posant les questions qui fâchent, la première partie permet de resituer le débat et d’évacuer les controverses sur lesquels se focalisent malheureusement les intégristes et les médias. Très consensuelle, chacun peut se voir conforter dans ses opinions sans se sentir obligé de critiquer celles de son voisin.

 

Heureusement, la deuxième partie vient mettre un peu de piquant dans l’ensemble. En multipliant les petites vacheries, les aphorismes, les histoires ‘drôles’, chacun souligne en se moquant des particularismes idiots de chacun de ses confrères ou de ses propres coreligionnaires (protestants, autres traditions bouddhistes, …). Néanmoins, la critique est équilibrée, soulignant surtout la prétention à l’universalité, la place inférieure des femmes, le dogmatisme des règles. Malgré tout, la cohérence globale des 3 religions du Livre n’en est que plus évidente, malgré leurs petites différences dues aux causes politiques ou aux vicissitudes de l’Histoire. Il est par contre dommage que le rôle du moine Theravada soit plus fade que celui des 3 autres. Malgré quelques aphorismes bien envoyés [*], il est trop souvent passif face aux autres, l’essentiel de la doctrine, à l’exception des "4 Nobles Vérités", étant le plus souvent exprimé par un des autres protagonistes. D’où quelques approximations un peu trop expéditives.

 

La crise existentielle du prêtre permet toutefois de remettre l’Homme à sa place. Quelques soient les règles professées, il y a souvent un abîme entre la théorie et la pratique. Combien de religieux seraient prêts à mettre en jeu leur vie, qu’il prétendent pourtant éternelle, pour prouver la réalité de leurs dires ? Les personnages de la pièce sont surtout formatés par leurs dogmes, plus que par leurs principes moraux. Mesquinerie, calculs, égoïsme, lâcheté, sont plus sûrement répandus que l’altruisme, la générosité et la compassion. Heureusement le twist final permet à chacun de retrouver le droit chemin.

 

L’épilogue est finalement très sympathique : l’amour et l’amitié valent mieux que les différents idéologiques et les querelles religieuses. Une profession de foi œcuménique, apparemment partagée par le public, qu’on aimerait plus souvent retrouver en dehors des salles de spectacles.

 

[*] Notamment le très beau : « Le plaisir est le bonheur des fous, le bonheur est le plaisir des Sages » dont l'auteur est en fait Barbey d'Aurevilly (tout vrai bouddhiste sait que le 'bonheur' est une notion aussi égoïste, fugace et illusoire que le 'plaisir').

 

Note: 7/10

 

Compléments :
> Le spectacle sur les sites du Théâtre de la Gaité-Montparnasse et de Frédéric Lenoir.
> Les analyses et critiques de Les3Coups, CritikArtPremièreLeParisien, LaCroixLaVoixDu14ième, Critikator, BlissInTheCity, Antipode.

22/05/2009

Beautés Divines (Espace des Arts Mitsukoshi)

Beautés DivinesFemmes Fleurs Epanouies.

 

Ce mois ci, démarrage de la nouvelle exposition estivale de l’espace Mitsukoshi-Etoile, consacrée cette fois ci à la peintre Rieko MORITA, pour la première et unique fois hors du Japon. Malgré la crise, il se trouve encore quelques sponsors avisés désireux de faire partager au public la quintessence de l'art traditionnel japonais.

Bien que n'étant pas (pas encore ?) 'Trésor National Vivant', Rieko Morita est une des rares femmes spécialiste du Nihon-ga sur panneaux de bois, et s'est vu décerner récemment l'insigne honneur de décorer 4 panneaux du pavillon résidentiel du temple Rokuon-ji de Kyoto. Ces portes coulissantes en bois de cyprès ont été démontés pour l'occasion et sont la principale attraction de l'exposition actuelle.

 

Outre une sélection de ses dernières œuvres consacrées à la classique 'peinture de fleurs', qui mettent en exergue son exceptionnelle maîtrise technique, on trouvera également des portraits de femmes, plus à même de toucher le public occidental. Faisant montre d'une grande sensibilité, ces tableaux évoquent aussi bien les Maikos du quartier de Gion que les lolitas kawaï de Shibuya ou d'Harajuku, ou d'exotiques danseuses balinaises.

Quelque soit le sujet, on appréciera la mise en scène du modèle dans un décor toujours très floral, avec des arrière-plans très travaillés et les couleurs chatoyantes permises par les pigments minéraux.

En bref, une exposition aussi indispensable à voir que la floraison des cerisiers au printemps dans un jardin japonais.

 

Compléments :
> L'expo sur le site de l'Espace des Arts Mitsukoshi.
> Le site de Morita Rieko et la galerie de ses oeuvres (53 représentées).
> D'autres tableaux de Rieko Morita sur la Galerie Shinseido.
> L'expo sur le web: Agraphes&Fanfreluches, Pigments&ArtsDuMonde, Dandylan, Artscape, BlogartToutPourLesFemmes, MonAmourPourLeJapon

Lumières sur la Baie (1996) Rieko Morita